
«At My Softest I Am Most Dangerous»: Mélissa Laveaux défie l'au-delà
C’est le retour de la chanteuse canadienne d'origine haïtienne Mélissa Laveaux. Elle dévoile un nouvel album, At My Softest I Am Most Dangerous, littéralement « à ma plus douce, je suis la plus dangereuse » en français. Un disque pensé comme un récit intime et singulier, qui explore quarante années de face-à-face avec la mort.
Mélissa Laveaux cultive depuis l'enfance une fascination pour le macabre, les fantômes et les films d'horreur. Avec At My Softest I Am Most Dangerous, elle dresse une sorte d’inventaire non-exhaustif de ses expériences avec la mort : sa naissance complexe d'une mère atteinte d'un cancer, la douche d'huile bouillante reçue accidentellement sur le dos à l'âge de 8 mois, son baptême en urgence pour suspicion de possession démoniaque, ou encore le diagnostic d'une sclérose en plaques il y a trois ans... La liste est longue, et comme la mort n'est tabou, ni dans sa famille haïtienne, ni dans la culture vaudou, Mélissa Laveaux était parfaitement à l'aise à l'idée de la mettre en musique.
Elle raconte : « On a toujours parlé de la mort comme d'un fait, pas comme d'une tragédie. Et surtout, on a toujours parlé de la mort. Du fait que quelqu'un est malade, qu'on va essayer de les soigner ou de les accompagner... C'était juste normal, de toutes façons tout le monde va mourir, donc on s'y habitue vite ! (rires) Et ça me trottait dans la tête, j'ai commencé à faire le compte de toutes les fois où j'ai vraiment été proche de la mort, où j'ai failli mourir, où j'ai eu un accident, où j'ai rencontré des esprits, où j'ai rencontré des fantômes, où on m'a dit "tu sais, tu passes beaucoup trop de temps avec la mort". Parce que ce n’était pas la première fois qu'on me le disait, "tu as passé beaucoup trop de temps avec la mort." »
À lire aussiMelissa Laveaux: «At My Softest, I Am Most Dangerous», une obsession pour les esprits
Dans le morceau « No Noise », comme dans plusieurs autres pistes du disque, on entend la voix de Cassandre, la grande sœur de Mélissa Laveaux, de sept ans son aînée. Elle endosse le rôle de griotte et raconte certaines histoires que la chanteuse, trop jeune à l'époque, a oubliées.
Des ombres à la lumière
Et pourtant, même si les différents récits sur l'album peuvent paraître sombres ou difficiles, la musique de ce disque reste lumineuse, entraînante et même joyeuse. C'est toute la magie du projet : une pop indé très riche, nourrie de rythmes caribéens, du rock latin des années 1970, et de tropicalia brésilien.
« Quand j'étais gamine, j'adorais écouter Os Mutantes ou Maria Creuza, cette musique de fêtes brésiliennes me parlait beaucoup. Quand j'ai pris une guitare, le son des musiques brésiliennes m'a énormément attirée parce que j'adore jouer en fingerpicking, j'adore jouer avec un rythme qui m'accompagne, donc c'était une évidence. Je trouvais qu'on arrivait à faire du rock qui groovait, qui était funky. Ça parlait aussi à la musique afro-américaine que j'écoutais, donc tout se répondait », explique-t-elle.
Probablement l'album le plus personnel de Mélissa Laveaux, At My Softest I Am Most Dangerous est une invitation à puiser dans sa vulnérabilité et dans les ressources du passé pour mieux habiter le présent.
Mélissa Laveaux sera en concert le 7 avril 2026 à Roubaix, le 11 avril à Toulouse, le 5 mai à Paris, le 3 juillet à Chambéry, le 4 juillet à Clermont-en-Gennevois, le 17 juillet à Grenoble, le 6 novembre à Sotteville-les-Rouen, le 3 décembre à Nantes et le 4 décembre à Questembert.
Melissa Laveaux At My Softest, I Am Most Dangerous (Revolta/Twanet) 2026
Mais episódios de "Le choix musical de RFI"



Não percas um episódio de “Le choix musical de RFI” e subscrevê-lo na aplicação GetPodcast.








