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Une main robotique française capable de reproduire la dextérité humaine (🎤 Didier Vançon, inventeur indépendant)

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En partant d’une réflexion sur les prothèses, Didier Vançon a développé, seul, une main robotique capable de reproduire avec précision de nombreux mouvements de la main humaine.

🎤 INTERVIEW : Didier Vançon - Inventeur indépendant

L'essentiel

  • Avec 24 degrés de liberté, cette main est au niveau de ce qui se fait de mieux.
  • Elle peut servir de prothèse ou pour les robots humanoïdes dans l'industrie ou l'espace.
  • Le but est de vendre le prototype et les connaissances techniques qui y sont associées.

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Comment vous est venue l’idée de développer cette main robotique ?

Tout est parti d’une émission de télévision, Lego Masters, en 2021. J’y ai vu un candidat avec une prothèse en Lego et je me suis demandé comment il commandait cette main. En me renseignant, j’ai découvert les systèmes de captation myoélectriques utilisés notamment pour les prothèses. Je me suis rendu compte qu’ils pouvaient être peu fiables et qu’ils demandaient beaucoup d’entraînement pour dissocier les contractions musculaires. Il pouvait aussi y avoir une latence importante. Je me suis donc demandé s’il n’existait pas une autre façon de faire. Le soir même, j’ai eu l’idée d’un nouveau système de captation, non invasif, capable de reproduire les mouvements doigt par doigt avec une prise en main instantanée. J’ai développé ce capteur en deux mois. Comme les bras biomécaniques disponibles étaient coûteux et assez limités en termes de mouvements, j’ai finalement décidé de développer ma propre main pour tester les capacités de mon système.

Vous avez poussé très loin la reproduction de la biomécanique de la main humaine. Pourquoi cette volonté de reproduire ses mouvements avec autant de précision ?

Je voulais aller très loin dans la reproduction des mouvements humains. Certains considèrent qu’une pince suffit pour prendre un objet, mais ce n’était pas ma philosophie. Pour une prothèse, je voulais notamment une acceptation visuelle et psychologique : je ne voulais pas qu’un patient ait l’impression d’avoir une simple pince. Je voulais que la main soit la plus naturelle possible et qu’elle puisse reproduire les mouvements de la main opposée. J’ai donc étudié énormément la biomécanique et la cinématique, notamment l’articulation à la base du pouce et son autorotation. J’ai également travaillé sur la redirection des phalanges vers la tabatière anatomique et sur le mouvement des métacarpes. L’objectif était que les doigts puissent réellement s’englober autour d’un objet, comme une main humaine.

À quoi cette main pourrait-elle servir demain ?

Le prototype est désormais principalement destiné à la robotique humanoïde, même si les technologies développées peuvent aussi servir dans le domaine des prothèses. Je pense qu’elle peut avoir des applications dans le domaine ménager, industriel ou spatial. Avec un gant permettant de commander la main à distance, un opérateur pourrait manipuler des objets dans des zones à risque avec une dextérité proche de la sienne. Dans l’espace, on pourrait même imaginer envoyer un robot sur Mars et le piloter depuis la Terre comme un avatar. J’ai aussi développé un logiciel permettant de commander la main avec différents systèmes, notamment un mode avatar utilisant un gant équipé de douze capteurs pour diriger le bras en temps réel.

Vous cherchez désormais à commercialiser le prototype plutôt qu’à rejoindre une entreprise. Où en êtes-vous ?

J’ai dévoilé le projet il y a un peu plus d’une semaine. Mon objectif est de vendre le prototype et les connaissances techniques qui y sont associées, notamment les logiciels développés pour réaliser cette main. Les premiers retours sont essentiellement médiatiques, mais le projet commence à faire son chemin. Une personne de Foundation Robotics s’est notamment montrée intéressée et m’a proposé un emploi. Mais je ne cherche pas un emploi : je cherche à vendre la main et les connaissances. Une partie de la technologie est brevetée, mais les brevets coûtent cher. Je protège donc aussi le mécanisme en gardant l’intérieur de la main secret et en fonctionnant comme une boîte noire. Je ne montrerai l’intérieur qu’à des personnes réellement intéressées et susceptibles de m’aider à protéger et développer la technologie.

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