
Combo Efectivo, la nouvelle vague franco-colombienne du jazz tropical
Le groupe franco-colombien Combo Efectivo dévoile son premier projet éponyme, fruit de rencontres et de créations partagées. Car derrière la sortie de ces premiers morceaux se cache une véritable histoire humaine et artistique.
Tout commence avec Jazztropicante, un laboratoire de création musicale entre artistes français et colombiens des scènes jazz et musiques actuelles, fondé par la chanteuse et productrice Sarah Maréchal. À l'origine, l'objectif initial était de faire rayonner le jazz français en Colombie, dans le cadre de la saison croisée entre les deux pays en 2017. Mais les rencontres entre artistes à Bogota ont dépassé toutes les attentes : une alchimie s’est créée, le projet s’est prolongé, jusqu'à donner naissance à un label, Casa Maguey, il y a deux ans.
Le groupe réunit sept musiciens. Parmi eux, certains issus de la jeune génération jazz française (Stéphane Montigny au trombone, Antoine Berjeaut à la trompette, Tim Alcorn à la batterie et le saxophoniste Léon Phal) et d’autres figures de la scène néotropicale colombienne (Karen Nerak au chant, rap, gaita et percussions, Ruben Aragon aux claviers, Pelango à la basse, Kike Narvaez à la batterie).
« C'est une expérience très intéressante, parce qu'on ne sait pas forcément ce qu'on va faire avant de commencer, tout se crée sur le moment. Si les Colombiens apportent des rythmiques, elles vont être basées sur des rythmes afro-colombiens, qui viennent du folklore par exemple. Mais la base qu'on va ensuite développer, ça peut être aussi quelques notes de saxophone ou de piano proposées par les Français. On n'a vraiment aucune idée préconçue, disons que l'étincelle de départ peut venir de tous les côtés, et ensuite on ajoute tout ce qui nous traverse l'esprit et le cœur à ce moment-là » raconte Pelango.
La cumbia, symbole d'harmonie universelle
Le morceau « La llave maestra » – la clé maîtresse – repose sur un rythme de cumbia, invitation à la danse. Quand on danse, le cœur s'apaise, l'esprit s'ouvre. Cette clé maîtresse symbole de communion, de paix et d'harmonie universelle, c'est donc la cumbia, qui ouvre toutes les portes pour aller partout où l'on veut. Car la cumbia née sur les côtes colombiennes s'est ensuite répandue sur tout le continent : on la retrouve aujourd'hui de l’Argentine au Mexique avec des instrumentations, des productions ou des tempos différents. Liée au jazz, elle s'ouvre sur le monde.
Pour Pelango, le bassiste du groupe, cette fusion est toute naturelle : « Le jazz est afro-descendant, et en réalité cette racine africaine s'exprime juste sous des noms différents à travers le continent américain. On l'appelle "jazz" en Amérique du Nord, mais on l'appelle "cumbia" en Colombie, on l'appelle "tango" en Argentine, "salsa" à Cuba... Et finalement, ce sont juste des déclinaisons différentes de la même racine africaine. Donc cette parenté rend les fusions naturelles, ça devient évident de faire coincider ces univers. De nombreuses rencontres musicales de ce genre existent d'ailleurs grâce à la curiosité des musiciens qui font des recherches et qui explorent ces liens. »
Les morceaux « Dejame Pasar » et « Fiebre » sortiront dans les mois à venir. Ces futurs titres annoncent déjà la suite d'un projet qui explore sans relâche la fusion des genres sud-américains. Dans la lignée d’artistes comme le chanteur colombien Carlos Vives, qui avait sorti la cumbia et le vallenato de ses rails très traditionnels pour les fusionner avec de la pop et du rock il y a maintenant plus de 30 ans, Combo Efectivo tisse un son puissant, à la croisée des énergies du Sud et de la créativité européenne.
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