
«My World Is The Sun» de Dominique Fils-Aimé, la quête de liberté comme boussole
Elle nous emporte immédiatement dans son univers. La chanteuse canadienne d'origine haïtienne Dominique Fils-Aimé dévoile My World Is The Sun, son cinquième album. Ce nouveau disque est l’une des pièces d'un puzzle beaucoup plus vaste : c’est le deuxième volet de sa seconde trilogie. Car Dominique Fils-Aimé conçoit son œuvre de manière très précise, où chaque cycle de trois albums raconte une étape de sa quête de liberté sonore et spirituelle.
My World Is The Sun est un disque profondément personnel, que la chanteuse dédie à sa mère. L’album s'ouvre d’ailleurs sur un enregistrement retrouvé, une vieille cassette des années 1970 où on l’entend chanter et gratter quelques accords. Dominique Fils-Aimé se souvient : « Elle jouait de la guitare, elle chantait, mais on ne l'entendait pas souvent. Je ne l'avais jamais vue chanter et jouer en même temps. Et là, de découvrir cette cassette, c'était incroyable pour moi d'entendre ma mère qui vraiment se donnait, et qui le faisait "sérieusement". Je lui dois définitivement mon amour pour la musique, car il y a toujours eu de la musique dans la maison, d'une forme ou d'une autre. »
A la croisée du jazz, de la soul et du blues, Dominique Fils-Aimé ne se donne aucune limite artistique. Elle navigue librement entre anglais et français, sur des morceaux sans structure figée qui peuvent s’étirer de une à neuf minutes. Ses mélodies évoluent à l'instinct, portées par sa voix qu’elle dédouble, dont elle superpose les couches pour créer un effet de chœur très réussi.
Il se dégage de cet album une vibration particulière, très authentique et directe, car Dominique Fils-Aimé a fait le choix d’un enregistrement en live session. On y entend tout : les respirations, les rires, toutes les petites imperfections qui donnent de la vie au son. Le résultat à l'écoute, c'est une émotion brute, intacte, comme si on y était.
Des racines haïtiennes au jazz montréalais
Tous les instruments se croisent avec fluidité : de la guitare aux tablas, ces percussions venus d'Inde jouées aussi au Pakistan et au Népal, en passant par du didgeridoo des peuples autochtones d'Australie, le tout porté par le son des vagues qui se brisent. Tout ce mélange puise sa force dans les racines haïtiennes de l’artiste, là où la musique est indissociable de la quête de liberté.
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« Les valeurs que notre histoire transmet à l'humanité en général, à tous les peuples oppressés, comme ce combat pour la libération qui est quand même un des piliers de la culture haïtienne et de la manière de penser la force qu'on a, ça résonne en moi. C'est quelque chose qui relie bien la culture haïtienne et la mentalité du jazz. Cette quête de liberté est un peu partout, dans l'ADN comme dans le mode de pensée "jazz" qui est aussi une forme de quête de liberté musicale, du fait qu'elle soit ancrée dans le mouvement des droits civiques. Donc j'ai l'impression que le concept de liberté était partout autour de moi », raconte-t-elle.
Avec My World Is The Sun, Dominique Fils-Aimé ne se contente pas de composer : elle explore ses racines pour construire une paix intérieure qu’elle offre ensuite au monde. Une invitation à l’espoir et à la douceur, dans un monde qui saigne.
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