
đ€ Le Switch : sortir de la dĂ©pendance aux GAFAM (Christofer Ciminelli, Orso MĂ©dia)
Face Ă la domination des gĂ©ants amĂ©ricains du numĂ©rique, Christofer Ciminelli lance âLe Switchâ, une newsletter dĂ©diĂ©e aux alternatives europĂ©ennes. Son objectif : dĂ©montrer quâil est possible de conjuguer performance, souverainetĂ© et pragmatisme.
Interview : Christofer Ciminelli, créateur de "Le Switch"
Punchlines
- Il existe des dizaines de logiciels français, mais on ne les connaßt pas.
- Choisir européen ne suffit pas, il faut que ce soit performant.
- On peut déjà absorber 80 % de nos usages.
- En agissant, nous avons plus de pouvoir que le Parlement européen.
Pourquoi avoir lancĂ© âLe Switchâ ?
LâidĂ©e est partie dâun constat que je mĂ»ris depuis plusieurs mois et qui sâest accĂ©lĂ©rĂ© avec lâĂ©lection de Donald Trump. On a toujours le rĂ©flexe dâutiliser des outils amĂ©ricains, que ce soit Google Workspace, Pipedrive ou Adobe. Quand on donne nos datas et notre argent Ă ces modĂšles SaaS, on affaiblit lâĂ©cosystĂšme tech europĂ©en. Sâil nây a pas de marchĂ© local, il nây a pas dâinvestissement. Et sans investissement, on ne peut pas recruter les meilleurs ingĂ©nieurs ni dĂ©velopper des produits compĂ©titifs. Câest un cercle vicieux. Je me suis demandĂ© sâil existait des alternatives europĂ©ennes. Jâai commencĂ© par les CRM et jâen ai trouvĂ© une trentaine en France. Lâoffre existe, mais elle est mĂ©connue. âLe Switchâ est nĂ© pour montrer que ces solutions sont performantes et accessibles.
Les alternatives européennes sont-elles vraiment au niveau ?
Oui. Je ne parle que dâoutils performants. Par exemple, jâutilise dĂ©sormais Yousign, alternative europĂ©enne Ă DocuSign : câest moins cher et lâinterface est meilleure. Je parle aussi de Noota pour la prise de notes, de Brevo Meetings comme alternative Ă Calendly, de Lovable pour le dĂ©veloppement, de Vivaldi comme navigateur ou encore de Swiss Transfer. Le vrai enjeu nâest pas la performance des outils, mais leur interconnexion. La force des GAFAM, câest leur Ă©cosystĂšme : tout dialogue avec tout. En Europe, on a encore du chemin Ă faire sur ces connexions API et cette logique de stack cohĂ©rente.
Quels sont les freins à l'utilisation d'outils européens ?
Certains dĂ©tails manquent encore dans certaines applications. Ce sont les 20 % dâusages qui peuvent faire la diffĂ©rence. Mais si on absorbe dĂ©jĂ 80 % des besoins, câest un Ă©norme pas. Je constate aussi une vraie prise de conscience dans les grandes entreprises. On parle de plus en plus de dĂ©gaffamisation. Dans les appels dâoffres, il y a dĂ©sormais des critĂšres qui valorisent les solutions dĂ©veloppĂ©es en Europe.
Il y a aussi un dĂ©bat politique avec lâIndustrial Accelerator Act, portĂ© notamment par StĂ©phane SĂ©journĂ©. Mais au-delĂ des dĂ©cisions politiques, nous avons un pouvoir immĂ©diat : flĂ©cher nos dĂ©penses vers des acteurs europĂ©ens.
ConcrĂštement, comment "switcher" ?
Ăa ne prend pas tant de temps. Pour une PME de 30 ou 50 salariĂ©s, changer un outil de visio ou de signature Ă©lectronique est relativement simple. Je conseille de cartographier toute sa stack logicielle. On dĂ©couvre souvent quâon paie des outils inutilisĂ©s. Ensuite, commencer par les outils pĂ©riphĂ©riques et avancer progressivement vers le cĆur du systĂšme. Le plus complexe reste la messagerie, notamment Google Workspace, car tout est interconnectĂ©. Mais Ă un moment, il faut se poser la question sĂ©rieusement. Sinon, on ne sortira jamais de cette dĂ©pendance.
La newsletter Le Switch
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