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Hausse des prix mondiaux du pétrole: Moscou ramasse la mise, sur fonds d’attaques sur ses infrastructures

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La flambée des prix du brut due à la guerre au Moyen-Orient a apporté un oxygène budgétaire inattendu à la Russie. Mais le tableau favorable pour Moscou est à nuancer.

De notre correspondante à Moscou,

La manne fiscale pétrolière pour Moscou est incontestable. Selon les derniers chiffres relayés par l’agence Bloomberg, elle se prolonge même à des niveaux inédits. Lors de la première moitié du mois d’avril, le prix du brut d’Oural à l’exportation s’est vendu en moyenne au-dessus de 106 dollars le baril. Pour donner une idée de l’ampleur de cette hausse vertigineuse, l’hypothèse de prix retenue pour le budget russe 2026 était fixée à 59 dollars, soit presque deux fois moins qu’aujourd’hui.

Si le taux de change reste stable, selon Bloomberg, alors d’ici à la fin du mois, le prix du pétrole russe atteindra, en rouble, le niveau de mars 2022, soit le début d’une autre guerre, celle que la Russie mène en Ukraine.

Une manne à l’épreuve des frappes ukrainiennes sur les infrastructures pétrolières

Les experts russes pavoisent : « Chaque dollar supplémentaire dans le prix annuel de l’Oural ajoute environ 150 milliards de roubles, soit environ 2 milliards de dollars, aux recettes fiscales du pays », peut-on lire dans la presse.

Sauf que dans cette équation, il faut aussi compter les dommages que le pays subit à chaque frappe ukrainienne sur ses dépôts pétroliers et ses ports d’exportation. Mardi dernier, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) notait ainsi dans un rapport : « La Russie pourrait avoir du mal à augmenter sa production au-dessus des niveaux du début du premier trimestre à court terme en raison des dommages causés aux infrastructures portuaires et énergétiques. »

Les recettes pétrolières et gazières en recul sur un an d’avril à avril

Dans le même rapport, l’agence estimait la production quotidienne de brut du pays en mars à seulement 9 millions de barils, soit 230 000 barils de moins qu’un an plus tôt.

Les réparations, elles aussi, coûtent cher, et cette tendance lourde se paie cash. Selon les calculs de Reuters publiés jeudi dernier, sur un an, d’avril 2025 à avril 2026, les recettes pétrolières et gazières de la Russie devraient chuter de 22 %, en cause : la hausse des aides aux raffineries.

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