Le choix musical de RFI podcast

«Racines» de Zal Sissokho et Laurent Perrault-Jolicoeur, traditions mandingues en mouvement

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C’est l’histoire d’une rencontre : celle de Zal Sissokho et Laurent Perrault-Jolicoeur, de la kora et de la contrebasse. Les deux compositeurs et musiciens sortent un disque commun, Racines. Un dialogue tissé à travers onze morceaux, conçus comme une conversation vivante entre l'Afrique de l'Ouest et l'Amérique du Nord.

Le griot sénégalais Zal Idrissa Sissokho, virtuose de la kora originaire de Kolda, et le contrebassiste de jazz montréalais Laurent Perrault-Jolicoeur, forment un duo évident. Ensemble, ils explorent la puissance du dialogue musical entre leurs deux instruments, déjà, mais aussi plus largement entre leurs deux continents.

Zal Sissokho se souvient : « Mes arrière-grands-pères et mes grands-pères disaient que les feuilles du baobab se trouvent en Amérique, mais que le tronc d'arbre et les racines se trouvent en Afrique. Alors, c'est une rencontre de cultures qui, en réalité, sont la même chose. Le jazz et la musique africaine se croisent, quelque part. »

Tous les deux inspirés par les anciens

Dans cet album, les musiques mandingues se fondent avec fluidité dans le jazz, ou peut-être est-ce l’inverse ? Cette fusion prend racine(s) dans l’héritage de Zal Sissokho, mais aussi dans l’univers musical dans lequel a grandi Laurent Perrault-Jolicoeur. Depuis l’enfance, il baigne dans les sonorités d'Ali Farka Touré, Oumou Sangaré, Salif Keita et se nourrit des musiques d’Afrique de l'Ouest et du Nord. Parmi ses influences majeures figurent la kora de Toumani Diabaté, la guitare du groupe de blues touareg Tinariwen, ou encore le jeu du compositeur et oudiste tunisien Anouar Brahem.

Alors pendant sa formation en jazz, il a naturellement cherché à faire le lien avec ce que Zal Sissokho qualifie de « musique mandingue tradi-moderne » ; à la fois ancrée dans les racines ancestrales, mais aussi ouverte à la transformation des rythmes et des traditions pour mieux les faire évoluer.

« Nos grands-parents ont composé des milliers et des milliers de morceaux depuis les XIe, XIIe, XIIIe siècles. C'est un répertoire que nous devons jouer, rejouer, encore et encore. Nos enfants le rejoueront aussi. Je ne peux pas interpréter un morceau exactement tel que mon arrière-grand-père le jouait. J’y apporte ma touche : soit je le joue dans une autre tonalité, ou alors, j'ajoute une corde de plus... Donc le morceau évolue à chaque fois. » explique Zal Sissokho.

De Kita-Kourou à Montréal

Même si la démarche consiste à s’éloigner du passé pour mieux le réinventer, le koriste choisit de garder ses langues maternelles pour chanter : le malinké et le wolof. Il invite également sa cousine, la griotte malienne Djely Tapa, à chanter sur plusieurs morceaux. Leurs mères sont originaires d'un village près de la colline de Kita-Kourou au Mali. Les deux griots se sont ensuite retrouvés à Montréal il y a 20 ans, et collaborent notamment sur le titre « Sagesse ».

Pour compléter le groupe, à la batterie, on retrouve l'Ivoirien Donald Dogbo. Tous ensembles, ils oscillent entre rythmes traditionnels, improvisations complices et envolées mélodiques. Avec au centre de cette traversée musicale : la rencontre lumineuse entre l'élégance de la contrebasse et la poésie intemporelle de la kora.

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