N'Autre Histoire podcast

#30 Accoucher et résister à Abya Yala avec Mounia El Kotni

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#30 Accoucher et résister à Abya Yala avec Mounia El Kotni

Cet épisode est le 2e volet de notre série Naissances et il est consacré à la résistance des accoucheuses d’Abya Yala, nom autochtone des Amériques.

Contrairement à ce que l’on croit souvent, la naissance à l’hôpital n’est ni indispensable ni forcément ce qu’il y a de mieux pour les femmes et les bébés. Pendant des millénaires et encore aujourd’hui dans beaucoup de régions du monde, les femmes ont mis et mettent au monde leurs enfants sans passer par l’hôpital, seules ou avec l’aide de leurs proches et d’accoucheuses, sans que cela nuise à leur santé ni à celle de leurs enfants.

Dans le premier volet, nous avons vu comment la colonisation d’Abya Yala par les Européens depuis le 15e siècle a impacté les coloniséEs jusque dans leur corps. Les colonisateurs dominent par la conquête des terres et l’appropriation des richesses mais aussi par le contrôle des naissances. Ces inégalités se transforment mais persistent jusqu’à nos jours. C’est que le sociologue péruvien Aníbal Quijano appelle la colonialité du pouvoir.

Aujourd’hui, nous verrons que cette colonialité persiste et impacte nos façons de mettre au monde. Nous allons évoquer cette histoire avec la chercheuse Mounia El Kotni, qui nous parlera notamment d’une région du sud du Mexique, le Chiapas, à la frontière avec le Guatemala, ou vivent les peuples originaires mayas.

Nous entendrons aussi les voix d’accoucheuses du Chiapas, du Yucatán, un autre état mexicain, situé dans la péninsule du même nom et à forte population autochtone aussi, et enfin dans la région de Cauca, dans le Pacifique colombien. D’origine autochtone et afro pour la plupart, ces femmes sont en réalité le plus souvent des guérisseuses, des spécialistes de la santé féminine et infantile dans leur globalité. Elles accompagnent les femmes de la puberté à la ménopause, elles savent préparer des concoctions, des breuvages et des rituels de guérison de maladies physiques et mentales. Par leur écoute, leurs connaissances des maladies et des plantes, elles soignent et guérissent les maux dont souffrent les membres de leurs communautés, qu’elles connaissent depuis leur naissance.


Références:

OMIECH, Yo no quiero curso. Parteras tradicionales de Chiapas, 2020.

Parteras tradicionales de Cauca Colombia, 2018.

El don de las parteras mayas, Documental producido en el Proyecto de Cooperación Italia-México: El Tiempo de la Sobada, 2005-2007. www.areas.fvg.it

Natalia Lafourcade, Hasta la raíz, 2015.

Site de Mounia El Kotni.


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    #35 Douce France (2)

    1:15:01

    #35. Douce FranceÉp. 2 Les luttes de l’immigration postcoloniale des années 1970 à 1980BienvenuEs au second volet de l’épisode consacré à l’histoire des immigrés postcoloniaux dans la France de la seconde moitié du 20e siècle. Dans la 1e partie nous avons vu les conditions de travail et de vie des centaines de milliers de personnes venant des anciennes colonies françaises. Cette immigration de travail a été marquée par l’exploitation et la colonialité, c’est-à-dire des formes de gestion de la main d’œuvre selon un schéma de type colonial. Dans cette seconde partie, nous allons voir comment les immigrés se sont levés contre la façon injuste dont iels étaient traitéEs. Car l’histoire de l’immigration postcoloniale en France n’est pas seulement celle de la souffrance, elle est aussi une histoire de résistance culturelle, d’organisation politique et de lutte pour la dignité et la justice sociale.RéférencesAssane Ba, "Les grèves des foyers Sonacotra"« 1978, un samedi à la Goutte d'Or", INA, 1978.Abdelmalek Sayad, Un Nanterre algérien, terre de bidonvilles, Autrement, 1995.Rabah Aissaoui, « Le discours du Mouvement des travailleurs arabes (MTA) dans les années 1970 en France. Mobilisation et mémoire du combat anticolonial », Hommes & Migrations, 2006, 1263, p. 105-119.Génériques, «Driss El Yazami», 13/01/14.«La vie des immigrés à Paris», Archive INA, 1972.« Sonacotra », INA, 1979.Marc Bernardot, « Chronique d'une institution : la "sonacotra" (1956-1976) », Sociétés Contemporaines, 1999, 33-34 p. 39-58.Lumni, « Noirs de France : le foyer, ghetto social », 2012.La transmission des nôtres, La Vie Des Nôtres, 22.09.2020.« Réactions assassinat L. Ben Mohamed », INA, « Violence Vénissieux », INA, 1982.« Le Front national de 1973 », INA, 1973.LSD, « Une jeunesse à la conquête de ses droits civiques », France Culture, 27/03/18.Abdellali Hajjat, « A la frontière du politique. Action et discours des ”jeunes de cité” de SOS Avenir Minguettes (1981-1983) » Engagements, rébellions et genre dans les quartiers populaires (1968-2010), Ed. Archives Contemporaines, p.13-24, 2011.Fr3, 1983 - La marche des beurs.MusiqueSlimane Azem & Cheikh Nourredine - La Carte de résidence (1979).Orchesta Number One De Dakar - Yaye Boye (1978)Star Band de Dakar, « Chéri coco », 1970.Raina Rai - Ya Zina (1985).Laba Sosseh / Super Star de Dakar – Seyni.Carte de Séjour, Douce France (1987).Sunrise MBB.Reflexions – Markvard.Jul - Scott Buckley Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
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    #34 Douce France (1) Histoire de l'immigration postcoloniale

    1:02:18

    # 34 Douce France. Les immigrés postcoloniaux dans la France de la seconde moitié du 20e siècle1/2 Travail, exploitation et exil au temps des 30 GlorieusesBienvenuEs à ce premier volet d’un épisode consacré à l’histoire des immigrés postcoloniaux c’est-à-dire des personnes nées dans les anciennes colonies françaises. Nous verrons qu’iels ont une histoire particulière, peu connue ou mal connue du grand public. Cette histoire est celle de l’exil, de l’exploitation, de la discrimination mais aussi une histoire de la résistance, de l’organisation et des luttes pour sortir de la misère et obtenir l’égalité des droits par rapport aux autres FrançaisEs. Dans cet épisode, nous allons voir comment, entre 1945 et 1970, arrivent des centaines de milliers d’immigréEs originaires des anciennes colonies françaises, pour travailler durement, et participer encore une fois à la gloire et l’enrichissement de l’ancienne métropole. Leurs conditions de vie et de travail, extrêmement difficiles, ont globalement caractérisé ces décennies pour ces personnes. Cette période, connue sous le nom de 30 Glorieuses, n’ont pas été brillantes pour ces immigréEs, situéEs au bas de l’échelle sociale.Références :Mohamed Mazouni, Clichy, 1974.Robert Linhart, L’établi, Ed. de Minuit, 1978.Yamina Benguigui, Mémoires d’immigrés, documentaire, 1997.Rachid Oujdi, Perdus entre deux rives, les chibanis oubliés, documentaire, 2016.Yvan Gastaut, « Les bidonvilles, lieux d’exclusion et de marginalité en France durant les trente glorieuses » Cahiers de la Méditerranée, 2004.Le bidonville de Nanterre à hauteur d'enfant : bienvenue rue des Pâquerettes !« Le bidonville de Nanterre », archive INA de 1963.Foyers Sonacotra, archive INA, 1979.Muriel Cohen & Cédric David, « Les cités de transit : le traitement urbain de la pauvreté à l’heure de la décolonisation » Métropolitiques, 2012.Cité de transit, archive INA, 1982.Le racisme à Marseille ou la mort de Ladj Lounes, 1973.Rachida BRAHIM, 2020, La race tue deux fois. Une histoire des crimes racistes en France (1970-2000), Paris, Éditions Syllepse.Vincent Viet, « La politique du logement des immigrés (1945-1990) », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1999, 64, p. 91-103. Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
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    #33 Les Kali'nas de Guyane: 500 de résistance (2)

    50:31

    #33 Les Kali’nas de Guyane, un peuple en résistance depuis 500 ansÉpisode 2. Connaitre et reconnaitre l’histoire des Kali’nasBienvenus à la deuxième partie de l’épisode de N’Autre Histoire consacré à l’histoire du peuple kali’na de Guyane. Celle-ci nous est racontée par deux Kali’nas, Taneyulime Ludwina Pilisi, présidente de l’association Aukae qui œuvre pour la conservation et le rayonnement de la langue et la culture kali'na, et de Thayna Henri, juriste. Dans la première partie de cet épisode, nous avons raconté l’histoire de la conquête et du génocide des peuples originaires de Guyane. Nous avons évoqué aussi la politique épistémicide de la France qui a détruit les cultures des peuples originaires en leur imposant le français, le catholicisme, la médecine occidentale, entre autres injonctions.Aujourd’hui nous aborderons la période plus contemporaine, qui va des années 1980 à nos jours.Références:Reporterre, "L'Elysée soutient en catimini le projet de méga-mine d'or", 1er octobre 2021.Documentaire "Amers indiens", La Guyane 1e, 2018.Sanpula Kalina Mana, 2013.Fragments – AERØHEAD, 2020. Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
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    #32 Les Kali'nas de Guyane: 500 de résistance

    43:15

    #32. Les Kali’nas de Guyane, un peuple en résistance depuis 500 ans1.     De la conquête aux homes indiensLes Kali’nas sont un peuple originaire habitant aujourd’hui en Amazonie et plus particulièrement sur la côte caraïbe de l’Amérique du Sud. Iels appartiennent à la culture et civilisation kalinago ou caribe. Iels sont répartis, en raison de la colonisation, dans plusieurs pays différents, le Venezuela (où vivent environ 11.500 personnes), le Suriname (2500), le Guyana (3000), le Brésil (avec 200 Kali’nas) et la Guyane française qui compte près de 4000 Kali’nas sur ses terres. Au total, les Kali’nas sont un peuple d’environ 20.000 personnes.Les Autochtones de Guyane originaires de ces peuples représentent 10 000 personnes qui ont résisté à 5 siècles de colonialité mais qui sont toujours menacées de disparition. Aujourd’hui, la colonialité s’exprime par exemple à travers les projets miniers, la spoliation de leurs terres, la francisation de leurs cultures ou leur maintien dans une situation de dépendance économique.C’est cette histoire faite de richesse culturelle, de larmes mais aussi de résistance et de lutte, que nous allons évoquer avec deux Kali’nas, Taneyulime Ludwina Pilisi, membre de l’association Aukae qui a pour but la conservation et le rayonnement de la langue et la culture Kalina, et de Thayna Henri, juriste.Références:Françoise Armanville, Les homes indiens en Guyane française, mémoire de Master, 2012.Documentaire "Amers indiens", Guyane 1e, 2018.Chant kali'na Sampula, 2013.Love – LiQWYD, 2021. Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
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    #31 Histoire des maternités noires avec Diariatou Kebe

    1:05:27

    #31 Histoire des maternités noires avec Diariatou KebeAujourd’hui nous allons parler des maternités noires. Dans les sociétés occidentales, les mères ne sont pas égales. Certaines sont considérées meilleures que d’autres et la colonialité joue un rôle important dans ces catégorisations. Historiquement, les femmes blanches, hétérosexuelles et bourgeoises ont été les modèles de la maternité, les « bonnes mères » ancêtres des mamans d’Instagram. En revanche, les maternités des femmes racisées, c’est-à-dire non blanches, sont plus surveillées et contrôlées. Les femmes noires sont soit vues comme des mères plus sauvages et de ce fait, plus proches de l’état de nature.Nous allons aborder ce sujet avec Diariatou Kebe, essayiste et présidente de l’association Diveka qui lutte pour la reconnaissance de la diversité dans les productions culturelles à destination de la jeunesse. Quand elle était enceinte, Diariatou Kebe remarque que les livres traitant de la grossesse et de la maternité ne s’adressaient qu’aux femmes blanches. Alors, à la naissance de son fils, elle crée un blog qui aborde la maternité et l'éducation d'un bébé noir dans la France d'aujourd'hui. Son blog est devenu un livre : "Maman noire et invisible – Grossesse, maternité et réflexion d'une maman noire dans un monde blanc" (La boîte à Pandore, 2015).Références :Dom La Nena, Juste une chanson (2015).Biographie de Sartjee Baartman par l’Association Blackisreallybeautiful (2016).Femmes migrantes à l’hôpital Lariboisière (BFM 26/09/19).Affaire Naomi Musenga (France Info, 9/05/18).Syndrome méditerranéen (AJ+, 24/05/18).Kongo, P; Pambou, O; Uzan, S., « L'accouchement des Noires Africaines a la Maternité GUY le Lorier de l'Hopital Tenon : étude rétrospective de 781 accouchements de 1989 à 1991 », Med. Afr. noire ; 43(6): 371-377, 1996.Priscille Sauvegrain, « Les parturientes « africaines » en France et la césarienne », Anthropologie et Sociétés, 2013,  37(3), 119–137. https://doi.org/10.7202/1024082arPriscille Sauvegrain, « La santé maternelle des « Africaines » en Île-de-France : racisation des patientes et trajectoires de soins », Revue Européenne des Migrations Internationales, 28 (2), pp. 81-100.Little Fires EverywhereKathryn Stockett La couleur des sentiments, Actes Sud, 2011.Caroline Ibos (2012). Qui gardera nos enfants ? Les nounous et les mères : une enquête de Caroline Ibos. Paris : Flammarion.Taís Araújo, Como criar crianças doces num país ácido (14/11/17). Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
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    #31 Maternités Noires avec Diariatou Kebe

    1:05:27

    #31 Histoire des maternités noires avec Diariatou KebeAujourd’hui nous allons parler des maternités noires. Dans les sociétés occidentales, les mères ne sont pas égales. Certaines sont considérées meilleures que d’autres et la colonialité joue un rôle important dans ces catégorisations. Historiquement, les femmes blanches, hétérosexuelles et bourgeoises ont été les modèles de la maternité, les « bonnes mères » ancêtres des mamans d’Instagram. En revanche, les maternités des femmes racisées, c’est-à-dire non blanches, sont plus surveillées et contrôlées. Les femmes noires sont soit vues comme des mères plus sauvages et de ce fait, plus proches de l’état de nature.Nous allons aborder ce sujet avec Diariatou Kebe, essayiste et présidente de l’association Diveka qui lutte pour la reconnaissance de la diversité dans les productions culturelles à destination de la jeunesse. Quand elle était enceinte, Diariatou Kebe remarque que les livres traitant de la grossesse et de la maternité ne s’adressaient qu’aux femmes blanches. Alors, à la naissance de son fils, elle crée un blog qui aborde la maternité et l'éducation d'un bébé noir dans la France d'aujourd'hui. Son blog est devenu un livre : "Maman noire et invisible – Grossesse, maternité et réflexion d'une maman noire dans un monde blanc" (La boîte à Pandore, 2015).Références :Dom La Nena, Juste une chanson (2015).Biographie de Sartjee Baartman par l’Association Blackisreallybeautiful (2016).Femmes migrantes à l’hôpital Lariboisière (BFM 26/09/19).Affaire Naomi Musenga (France Info, 9/05/18).Syndrome méditerranéen (AJ+, 24/05/18).Kongo, P; Pambou, O; Uzan, S., « L'accouchement des Noires Africaines a la Maternité GUY le Lorier de l'Hopital Tenon : étude rétrospective de 781 accouchements de 1989 à 1991 », Med. Afr. noire ; 43(6): 371-377, 1996.Priscille Sauvegrain, « Les parturientes « africaines » en France et la césarienne », Anthropologie et Sociétés, 2013,  37(3), 119–137. https://doi.org/10.7202/1024082arPriscille Sauvegrain, « La santé maternelle des « Africaines » en Île-de-France : racisation des patientes et trajectoires de soins », Revue Européenne des Migrations Internationales, 28 (2), pp. 81-100.Little Fires EverywhereKathryn Stockett La couleur des sentiments, Actes Sud, 2011.Caroline Ibos (2012). Qui gardera nos enfants ? Les nounous et les mères : une enquête de Caroline Ibos. Paris : Flammarion.Taís Araújo, Como criar crianças doces num país ácido (14/11/17). Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
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    #30 Accoucher et résister à Abya Yala avec Mounia El Kotni

    1:14:01

    #30 Accoucher et résister à Abya Yala avec Mounia El KotniCet épisode est le 2e volet de notre série Naissances et il est consacré à la résistance des accoucheuses d’Abya Yala, nom autochtone des Amériques.Contrairement à ce que l’on croit souvent, la naissance à l’hôpital n’est ni indispensable ni forcément ce qu’il y a de mieux pour les femmes et les bébés. Pendant des millénaires et encore aujourd’hui dans beaucoup de régions du monde, les femmes ont mis et mettent au monde leurs enfants sans passer par l’hôpital, seules ou avec l’aide de leurs proches et d’accoucheuses, sans que cela nuise à leur santé ni à celle de leurs enfants.Dans le premier volet, nous avons vu comment la colonisation d’Abya Yala par les Européens depuis le 15e siècle a impacté les coloniséEs jusque dans leur corps. Les colonisateurs dominent par la conquête des terres et l’appropriation des richesses mais aussi par le contrôle des naissances. Ces inégalités se transforment mais persistent jusqu’à nos jours. C’est que le sociologue péruvien Aníbal Quijano appelle la colonialité du pouvoir.Aujourd’hui, nous verrons que cette colonialité persiste et impacte nos façons de mettre au monde. Nous allons évoquer cette histoire avec la chercheuse Mounia El Kotni, qui nous parlera notamment d’une région du sud du Mexique, le Chiapas, à la frontière avec le Guatemala, ou vivent les peuples originaires mayas.Nous entendrons aussi les voix d’accoucheuses du Chiapas, du Yucatán, un autre état mexicain, situé dans la péninsule du même nom et à forte population autochtone aussi, et enfin dans la région de Cauca, dans le Pacifique colombien. D’origine autochtone et afro pour la plupart, ces femmes sont en réalité le plus souvent des guérisseuses, des spécialistes de la santé féminine et infantile dans leur globalité. Elles accompagnent les femmes de la puberté à la ménopause, elles savent préparer des concoctions, des breuvages et des rituels de guérison de maladies physiques et mentales. Par leur écoute, leurs connaissances des maladies et des plantes, elles soignent et guérissent les maux dont souffrent les membres de leurs communautés, qu’elles connaissent depuis leur naissance. Références:OMIECH, Yo no quiero curso. Parteras tradicionales de Chiapas, 2020.Parteras tradicionales de Cauca Colombia, 2018.El don de las parteras mayas, Documental producido en el Proyecto de Cooperación Italia-México: El Tiempo de la Sobada, 2005-2007. www.areas.fvg.itNatalia Lafourcade, Hasta la raíz, 2015.Site de Mounia El Kotni. Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
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    #29 Pas le droit d'être mère

    53:08

    #28 Pas le droit d'être mère. Les stérilisations forcées à Abya Yala du 20e siècle à nos joursCet épisode est le premier d'une mini-série consacrée à l'histoire de la naissance. En France, il existe une prise de conscience récente autour des violences gynécologiques et obstétricales et une mobilisation des femmes pour reprendre aux médecins le contrôle sur leur corps, leur grossesse, l'accouchement et les débuts de la vie de l'enfant. Des voix s'élèvent également pour dénoncer le racisme des pratiques médicales.Pourtant, ce mouvement prend rarement acte du fait que le terme même de violence obstétricale a été inventé à Abya Yala, nom autochtone des Amériques, ou ces luttes sont bien plus anciennes et d'une ampleur incomparable. Dans ce premier épisode de la série, nous nous intéresserons à des histoires qui se répètent du nord au sud du continent. Celles de femmes stérilisées en masse à l’hôpital, sans leur consentement, par le corps médical. Ces interventions sont des crimes contre l’humanité c’est-à-dire qui nient l’humanité de la victime. Car ces femmes ont subi des interventions médicales massives et définitives comme des traitements chimiques ou chirurgicaux qui les ont rendues stériles à vie. Pour les contraindre, le personnel de santé laisse généralement entendre des choses ou cache certaines informations. Pour comprendre comment a opéré cette colonialité du pouvoir, c’est-à-dire une organisation sociale qui hiérarchise les personnes en fonction de leur classe, leur race, leur genre et leurs capacités physiques et mentales, nous allons aborder cinq cas du nord au sud du continent, à savoir la Californie, Porto Rico, le Canada, le Guatemala et le Pérou.Merci à Nesrine Tedjini pour sa collaboration à cet épisode.Références:Magaly Solier, Waychaucito, 2009.JayJen, Supreme, 2019."¿Quieres parir como chancho?": Víctimas narran los horrores de las de esterilizaciones forzadasL'eugénisme californien"Belly of the Beast": Survivors of Forced Sterilizations in California's Prisons Fight for JusticeRecherche en cours sur la stérilisation forcée des femmes autochtones au Québec« Je ne me sentais plus femme », raconte une Autochtone stérilisée malgré elleCa s'explique, La stérilisation forcée de femmes autochtones Épisode 566 - 11 juin 2021Alfredo Embid, Del control de natalidad al genocidio, Revista de Medicinas Complementarias. Medicina Holística, n°59Amnistía Internacional Perú, Testimonios de mujeres víctimas de esterilizaciones forzadas en Perú, 2015Jennifer Thorndike, « La muerte tenía nuestros dedos », in Al fin de la batalla Cocodrilo Ediciones, 2015Ojo Público, Esterilizaciones forzadas: Las cicatrices de la barbarie no se borran, 2021Cladem, Caso Mamérita Mestanza, Perú Lorena Cabnal, La sanación como camino cósmico político, 2016 Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
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    #28 Napoléon n'est pas notre héros, avec Marlène Daut

    55:24

    #28 Napoléon n'est pas notre héros, avec Marlène DautHistorienne d’origine Haïtienne, Marlène Daut dénonce la fausse commémoration en clair-obscur qu'est le bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte. Cet épisode explique pourquoi le gouvernement français rend hommage au responsable d'un génocide à Haiti, du rétablissement de l'esclavage et de l'inscription du féminicide dans le code civil. Combattu à son époque, Napoléon a mis un point final à la remise en question révolutionnaire d'une société raciste, où les richesses sont très inégalement reparties, et qui infériorise les femmes, remise en question que sa célébration sert encore à étouffer aujourd'hui.Pour en savoir plus sur les luttes de cette époque et la répression, nous vous recommandons notre épisode sur la révolution haïtienne. Références:Articles de Marlène DautJohanne Melcare-Zachara. La puissance paternelle au XIXe siècle (1804-1889) : Étude du titre IX et X du Code civil (1804-1889). Droit. Université de Nantes, 2019Paul-Napoleon Calland-Jackson. La politique sociale napoléonienne : De la charité chrétienne à une politique sociale d’état : L’organisation du salut public sous le Consulat et l’Empire : 1785 – 1815. Histoire. Université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines, 2015Musique: Tolalito de Melissa Laveaux; Neutrin05 de Twilight Générique: Atch, Freedom (2020) Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
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    #27 « Tes papiers, contrôle de police », histoire des contrôles au faciès

    57:07

    #27 « Tes papiers, contrôle de police » : une histoire des contrôles au facièsCet épisode est consacré à l’histoire des contrôles au faciès en France. Cette expression désigne les contrôles de police conduits sans raison légale et qui s'adressent plus particulièrement aux jeunes hommes racisés. Bien que ces contrôles discriminatoires soient une pratique habituelle de la police, les condamnations sont rares.  En 2016, pour la première fois, la plus haute juridiction de la justice française, la cour de cassation, a confirmé la condamnation de l’Etat à verser des dommages et intérêts à trois jeunes hommes noirs et arabes contrôlés sur la seule base de caractéristiques physiques associées à une origine réelle ou supposée. Comme nous allons le voir dans cet épisode, le contrôle d’identité a toujours eu pour but de soumettre des personnes au pouvoir de l’Etat. Et surtout, il n’a jamais été appliqué à toustes de la même manière.Références :À l'ENSP, Alphonse Bertillon vous plonge au cœur de l'anthropométrie judiciaireVincent Denis, Vincent Milliot, Police et identification dans la France des Lumières, Genèses 2004/1 (n° 54), p. 4-27, https://www.cairn.info/revue-geneses-2004-1-page-4.htm Vincent Denis, Histoire de l’identité en France, p. 6-12Claire Etcherelli, Elise ou la vraie vie, Denoël, 1967Emmanuel Blanchard, « Police judiciaire et pratiques d'exception pendant la guerre d'Algérie », Vingtième Siècle. Revue d'histoire 2006/2 (no 90), p. 61-72—, Contrôle au faciès : une cérémonie de dégradation, Plein droit 2014/4 (n° 103), p. 11-15Arret de la Cour de cassation de 2016 : https://www.courdecassation.fr/communiques_4309/contr_identite_discriminatoires_09.11.16_35479.htmlPierre Piazza, Histoire de la carte nationale d’identité, Paris, Odile Jacob, 2004Nathalie Ferré, « Contrôles d’identité : de quel droit ? », Métropolitiques, 30 janvier 2013Série « Mon premier contrôle » de Stop le contrôle aux facièsDocumentaire Égalité trahie, Open Society, 2013Sihame Assbague, Le contrôle au faciès, Oumma,13/03/15 Musique :Fonky Family, Mystère et suspense, 1999Générique: Atch, Freedom (2020) Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.

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