
Détecter la maladie avant les symptômes grâce aux objets connectés (🎤 Éric Carreel, Withings)
Les objets connectés ne se contentent plus de mesurer le poids ou le rythme cardiaque : ils ambitionnent désormais de détecter les premiers signes d’une maladie.
🎤 INTERVIEW : Éric Carreel - Cofondateur et président de Withings
L'essentiel
- Plus on détecte tôt une maladie chronique, plus elle est réversible.
- La santé préventive se passe à la maison.
- Dans cinq ans, on ne parlera que de ça.
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Vous venez de lancer votre nouveau pèse-personne connectée BodyScan 2, est-ce vraiment un outil de prévention médicale ?
Oui. Le BodyScan 2 mesure bien sûr le poids, mais aussi la composition corporelle segmentale, la graisse viscérale et de nombreux paramètres cardiaques. Il mesure également la santé nerveuse. En combinant toutes ces données avec des études cliniques, nous pouvons construire des scores, notamment de résilience glycémique, qui permettent d’évaluer un risque lié à la glycémie et donc au diabète. L’intérêt est particulièrement important pour les personnes qui peuvent avoir un diabète sans encore le savoir. Plus on le détecte tôt, plus on se rapproche d’un stade où la maladie peut encore être réversible.
La surveillance permanente ne risque-t-elle pas d'être anxiogène ?
Le but n’est justement pas d’ajouter de la charge mentale. Nous essayons de concevoir des produits faciles à utiliser : une montre avec une longue autonomie ou simplement une balance sur laquelle on monte régulièrement. Les mesures s’accumulent silencieusement et permettent de connaître la valeur de base propre à chaque personne. On peut alors repérer le moment où un paramètre commence à décrocher, au lieu d’attendre qu’il sorte d’une norme générale. Cette mesure longitudinale permet de se rapprocher du début de la maladie et donc du moment où l’on peut agir le plus tôt.
Jusqu’où peut aller le suivi médical avec des appareils grand public ?
Nos appareils sont des dispositifs médicaux qui ont passé des certifications médicales en Europe et aux États-Unis. Avec BeamO, par exemple, on peut mesurer la température, enregistrer un électrocardiogramme, mesurer la saturation en oxygène et utiliser un stéthoscope. Nous avons ajouté des analyses des bruits des poumons et du cœur afin d’aider à déterminer s’il faut consulter. L’intérêt des objets connectés est aussi de pouvoir effectuer une mesure précisément au moment où l’on ressent quelque chose, puis de transmettre cet enregistrement à un médecin.
L’IA va-t-elle finir par assurer une partie du suivi médical à domicile ?
C’est déjà la direction prise aux États-Unis avec le programme ACCESS. Les mesures issues de nos appareils peuvent être analysées en permanence par l’IA, qui peut poser des questions complémentaires au patient et intervenir dans son accompagnement. L’objectif est d’utiliser le temps du médecin lorsqu’il est réellement nécessaire. Pour nous, la première étape a été la mesure longitudinale, la deuxième consiste à construire des scores et la troisième est d’accompagner les patients entre leur vie quotidienne et le système médical. À terme, même certains prélèvements aujourd’hui réalisés en laboratoire pourront être effectués à domicile.
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