
Série ports fluviaux - À Lagos, développer le transport fluvial de passagers pour désengorger les routes [4/5]
Le transport fluvial reste limité à moins de 1 % des usages de transport de passagers à Lagos, alors que la capitale économique nigériane est asphyxiée par les embouteillages terrestres et qu’elle est à plus de 20 % constituée d’eau. Limité jusqu’à présent dans ses dessertes, pas assez sûr, le transport par bateau pourrait cependant changer d’échelle à Lagos grâce à un projet de modernisation de 410 millions d’euros.
La convention de financement est signée. D’ici cinq ans, 25 jetées devraient être aménagées dans la lagune de Lagos, équipées d’embarcadères modernes. À terme, explique Xavier Muron, directeur de l’antenne nigériane de l’Agence française de développement, co-financeur du projet, il s’agit de raccorder le réseau fluvial aux autres modes de transport collectif jusqu’au dernier kilomètre, pour dissuader les usagers de prendre la voiture. « L’idée, c'est d’amener un transport fluvial plus conséquent dans une ville qui est recouverte à 22 % d’eau, c’est quelque part de rapprocher les voies d’eau des voies des bus pour permettre aux gens de pouvoir passer d’un point A à un point B sans avoir à marcher », détaille-t-il.
80 ferries électriques
Pour des raisons écologiques, le choix s’est porté sur les bateaux électriques, ce qui augmentera l’investissement de départ, soutenu par une subvention européenne. Mais cela diminuera les coûts de fonctionnement, à savoir les achats de carburant. Chacune des 80 embarcations pourra transporter quelque 400 passagers, précise Xavier Muron : « Ce sont de véritables petits ferries avec toutes les commodités, les toilettes, la possibilité de climatisation, un éclairage évidemment de nuit, pour que les gens se sentent rassurés lorsqu’ils monteront sur ces bateaux ».
« D'Ikoyi à Apapa, ça ne prend que 20 minutes ! »
La sécurité fluviale, qui laissait à désirer pendant la saison des pluies, s’est déjà améliorée. L’autorité de régulation, Lagos State Waterways Authority, sera encore renforcée à travers ce projet. Selon l’économiste nigérian Adamu Garba, il s’agit maintenant pour les autorités de faire la promotion de ce mode de transport. « Traverser Lagos, c’est plus rapide, moins cher et plus simple sur l'eau que par voie terrestre. D'Ikoyi à Apapa, ça ne prend que 20 minutes ! Il faut donc faire campagne pour le transport fluvial, ce qui n'a pas encore été fait. Il faut le promouvoir pour que les gens changent d'avis et choisissent les voies navigables pour se déplacer », assure l'économiste.
Avec 100 000 passagers dans un premier temps, ce nouveau projet vise à faire passer le transport fluvial de moins de 1 % à plus de 10 % des usages de transport dans l’État de Lagos, avant une probable accélération de la fréquence des bateaux. Reste à organiser la passation des marchés, avant un début des travaux prévu fin 2025 ou début 2026.
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