
đ LâIA menace-t-elle le doublage français ? (Zoom Tech)
Ă lâoccasion des CĂ©sars, 4000 artistes dĂ©noncent un âpillageâ liĂ© Ă lâintelligence artificielle. En ligne de mire : le clonage de voix et lâautomatisation du doublage, qui pourraient bouleverser tout un pan de lâindustrie du cinĂ©ma.
Le doublage français face au tsunami de lâIA
Profitant de la cĂ©rĂ©monie des CĂ©sars, des milliers de comĂ©diens et professionnels du cinĂ©ma tirent la sonnette dâalarme face Ă la montĂ©e en puissance de lâintelligence artificielle. Si le dĂ©bat nâest pas nouveau, les progrĂšs rĂ©cents des modĂšles gĂ©nĂ©ratifs relancent fortement les inquiĂ©tudes.
Des outils comme le modĂšle chinois SeeDance, capable de gĂ©nĂ©rer des sĂ©quences vidĂ©o dâun rĂ©alisme spectaculaire, illustrent lâaccĂ©lĂ©ration technologique en cours. Mais Ă court terme, câest surtout le doublage qui concentre les craintes. En France, environ 85 % des films sont consommĂ©s en version française, un marchĂ© stratĂ©gique.
Des plateformes comme Prime Video ou YouTube expĂ©rimentent dĂ©jĂ le doublage et la traduction automatisĂ©s. Pour certains contenus â catalogues anciens, productions modestes ou vidĂ©os en ligne â lâIA pourrait rapidement sâimposer pour des raisons de coĂ»t et de rapiditĂ© dâexĂ©cution.
Clonage de voix : la ligne rouge
Le cĆur du problĂšme rĂ©side dans la capacitĂ© des systĂšmes dâIA Ă cloner une voix Ă partir dâenregistrements existants et Ă gĂ©nĂ©rer ensuite des dialogues complets. Ces technologies sont parfois entraĂźnĂ©es Ă partir de voix rĂ©elles sans consentement explicite.
Huit doubleurs français ont ainsi mis en demeure deux sociĂ©tĂ©s dâIA accusĂ©es dâavoir utilisĂ© leur voix sans autorisation. Les signataires de la tribune ne rĂ©clament pas lâinterdiction de lâintelligence artificielle, mais un encadrement clair : consentement Ă©crit prĂ©alable, rĂ©munĂ©ration lorsque la voix sert Ă entraĂźner un modĂšle ou Ă produire un contenu, et transparence vis-Ă -vis du public lorsque des voix sont gĂ©nĂ©rĂ©es artificiellement.
Certaines productions demandent dĂ©jĂ aux comĂ©diens dâautoriser le clonage de leur voix pour des usages prĂ©cis, comme la modification dâune rĂ©plique sans retour en studio. Mais les risques de dĂ©rive existent, notamment en cas dâexploitation abusive ou de crĂ©ation de contenus illicites.
Entre crainte et opportunité
La fiction avait anticipĂ© ces dĂ©rives : le premier Ă©pisode de la saison 6 de Black Mirror mettait en scĂšne une actrice, incarnĂ©e par Salma Hayek, dont lâimage et la voix Ă©taient exploitĂ©es sans rĂ©el contrĂŽle contractuel.
Tous les artistes ne rejettent cependant pas ces innovations. Christian Clavier estime que le clonage vocal pourrait favoriser lâexportation des films français, en permettant un doublage plus fidĂšle dans plusieurs langues, voire avec la propre voix de lâacteur adaptĂ©e Ă chaque marchĂ©. CouplĂ©es Ă la synchronisation labiale par intelligence artificielle, ces technologies pourraient, Ă terme, rivaliser avec le doublage traditionnel.
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