IFM podcast

IFM

Institut Français de la Mode

L’Institut Français de la Mode accueille régulièrement des conférences au croisement de multiples univers créatifs (arts, littérature, musique, histoire… mais aussi économie et innovation). Les podcasts de l’Institut Français de la Mode permettent de réécouter les conférences publiques qui ont lieu tous les mois dans l’amphithéâtre Yves Saint Laurent, mais aussi les conférences réservées aux étudiants (cycles hebdomadaires « IFM/Cultures » et « IFM/Futurs »). Certaines conférences font l’objet d’un partenariat avec France Culture.

364 épisodes

  • IFM podcast

    Mode/textile : retour sur plusieurs décennies de mondialisation

    1:05:52

    Différentes étapes ont conduit à créer le système mondialisé de la mode tel qu’on le connaît aujourd’hui. Depuis la fin des années 1960, des bouleversements de toute nature ont profondément modifié le système de la mode et du luxe, un choc comparable à celui vécu par la sidérurgie, avec la disparition progressive de grandes entreprises françaises comme Boussac ou Prouvost dans le Nord et les restructurations successives de DMC (Dollfus-Mieg & Cie) en Alsace. En 1974, les Etats-Unis et l'Union européenne, soucieux de protéger leur industrie textile, avaient imposé des contingents limitant les exportations des pays en développement. Connu sous le nom d'Arrangement multifibres (AMF), ce dispositif a été aboli en 2005. Il s’agissait d’une dérogation importante à la libéralisation du commerce international, régi par l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), l'ancêtre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), dont la Chine est devenue membre en 2001. L’abolition des quotas a forcé les marques à s’adapter à ce nouveau système, avec le développement simultané des entreprises de luxe, notamment françaises et italiennes, et de fast-fashion (avec les délocalisations de main d’œuvre en Asie et le développement des chaînes spécialisées comme H&M ou Zara). Désormais, le système de production de la mode est dominé par l’hégémonie chinoise et concentré autour d’un petit nombre de pays (Asie du sud et Turquie, notamment). La production est mondialisée mais les marques (distribution/création) restent entre les mains d’un petit nombre d’acteurs occidentaux (France/Italie). Avec la montée en puissance de nouvelles exigences sociales et environnementales, un lent processus de réindustrialisation est en cours en France et en Europe. Une conférence de Dominique Jacomet (économiste, président de l’IAE et ancien DG de l’Institut Français de la Mode).
  • IFM podcast

    Duvelleroy, le réveil d’une « belle endormie »

    1:00:28

    La maison Duvelleroy fabrique des éventails depuis 1827. Parmi les fabricants d’éventails, c’est la seule maison à avoir traversé le temps, même si l’éventail, accessoire progressivement devenu désuet, a pu être progressivement abandonné au profit de la maroquinerie, surtout après la seconde guerre mondiale. En 2010, Eloïse Gilles et Raphaëlle Le Baud ont relancé la marque et la production d’éventails, dans l’intention de ressusciter cet objet délaissé et d’en faire à nouveau un accessoire de mode. Aujourd’hui, le retour en grâce de l’éventail est notamment rendu possible par le réchauffement climatique. Mais le projet s’inscrit aussi et surtout dans la tradition d’une maison parisienne ancrée dans le style « couture ». La relance de la production des éventails Duvelleroy s’est faite sur la base d’un savoir-faire et d’un héritage stylistique conservé par des collectionneurs et surtout par l’héritier de la maison (Michel Maignan) qui avait gardé dans un grenier une collection entière de dessins, moules à plisser, plumes, croquis et patrons. Inscrivant leur projet dans un contexte de renouveau des métiers d’art, les deux entrepreneuses ont su s’appuyer sur un réseau d’artisans spécialisés pour faire renaître la marque : éventaillistes (comme Frédérick Y.M.Gay, à Romans dans la Drôme) mais aussi plumassiers, brodeurs, ennoblisseurs, tabletiers, plisseurs… Elles ont aussi voulu reconstituer un récit de marque en procédant à une relecture modernisée du patrimoine, l’objectif étant de rajeunir l’éventail et d’en « dépoussiérer l’image » à travers des collaborations avec des créateurs de mode ou des artistes (par exemple Coralie Marabelle, Iris de Moüy ou Jean-Charles de Castelbajac), la création d’une boutique à Paris (rue Amélie, 75007), la distribution dans les circuits les plus « pointus » et par le marketing d’influence à travers la rencontre spontanée avec des ambassadrices internationales sur les réseaux sociaux. Une conférence d’Eloïse Gilles, co-gérante de la maison Duvelleroy. Consulter les images de la présentation : https://download.ifmparis.fr/document/DUVELLEROY.pdf
  • IFM podcast

    Ne ratez aucun épisode de IFM et abonnez-vous gratuitement à ce podcast dans l'application GetPodcast.

    iOS buttonAndroid button
  • IFM podcast

    De l’industrie des textiles à l’industrie de la mode : le cas de la France

    1:02:46

    Comment expliquer le passage, en France, d’une industrie « textile-habillement » à l’industrie de la mode et du luxe ? En cinquante ans, les groupes de luxe (LVMH, Kering, Chanel, Hermès) ont remplacé les grands groupes textiles du passé (Boussac, Prouvost, DMC, Agache-Willot/Saint-Frères). Ces grandes entreprises aujourd'hui disparues ont joué un rôle très important dans la vie du pays, mais elles ont été confrontées à une farouche concurrence internationale et n'ont pas su s'adapter à l'évolution du marché, rencontrant de très grandes difficultés et accumulant des faiblesses qui ont été révélées dès le choc pétrolier de 1973. Le textile-habillement français, qui employait 600 000 personnes avant le début des années 1970, en emploie aujourd’hui 100 000. Ce qui a changé, c’est que les grands groupes de luxe (LVMH, héritier du groupe Boussac, mais aussi Kering) se sont adaptés à un marché mondialisé dominé par les cycles courts de la mode avec des collections sans cesse renouvelées, une montée en gamme de leur offre fondée sur la création, une importance croissante des accessoires, notamment de la maroquinerie, et une intégration de leur distribution en privilégiant les boutiques en propre. Aujourd’hui (2021), la question d’une possible « renaissance de la production textile-habillement » (filature, tissage, ennoblissement, confection), au-delà des productions pour le luxe, se pose en France. S'il est peu probable que des relocalisations massives aient lieu, car on ne peut ignorer l'élasticité prix et par conséquent les écarts de coûts avec les pays émergents, une réindustrialisation est possible à condition d'être fondée sur une véritable proposition de valeur comme l'attestent les marques de vêtements qui valorisent le made in France et les savoir-faire ancrés dans certains territoires, mais aussi les projets de transformation industrielle du lin dont la France est le principal producteur dans le monde. Une conférence de Dominique Jacomet, "senior advisor" auprès de l'Institut Français de la Mode, président de l'IAE de Paris (Sorbonne Business School) et administrateur d'Euratex.
  • IFM podcast

    Meeting David Luraschi (In English)

    52:24

    Listen to the meeting of our Fashion Image students with David Luraschi. He holds a BA in film studies from the San Francisco State University and a masters in art direction from Lausanne in Switzerland. His artwork has been exhibited in Europe and the U.S. he is a contributor to magazines like the American Vogue or M le Monde and his commissioned work is featured in books like “Neapolis” published by ILL-STUDIO or “MARSEILLE JE T’AIME” by Jacquemus. Clients include Hermes, Dior, Jacquemus, Nike, Rimowa, Nina Ricci, Galleries Lafayette or l’Opéra de Paris for whom he directed a film titled “Giselle: The walking landscape”. Ecoutez la rencontre de nos étudiants en Image de mode avec David Luraschi. Il est titulaire d'une licence en études cinématographiques de l'Université d'État de San Francisco et d'un Master en Direction Artistique de Lausanne en Suisse. Ses œuvres ont été exposées en Europe et aux États-Unis. Il contribue à des magazines tels que Vogue américain ou M Le Monde et ses œuvres de commande figurent dans des livres comme "Neapolis" publié par Ill-Sudio ou "Marseille je t'aime" de Jacquemus.
  • IFM podcast

    Un choix de textes littéraires autour du visage

    32:02

    Dans le cadre du festival IFM 2020 (thème : le visage), voici un florilège de textes littéraires sur le visage, choisis et lus par Félix Libris (Les Livreurs) et Gérard Cherqui. Parmi ces textes (liste détaillée ci-dessous), voici notamment un extrait de Ethique et infini (Emmanuel Lévinas, 1982) : « Je pense plutôt que l'accès au visage est d'emblée éthique. C'est lorsque vous voyez un nez, des yeux, un front, un menton, et que vous pouvez les décrire, que vous vous tournez vers autrui comme vers un objet. La meilleure manière de rencontrer autrui, c'est de ne pas même remarquer la couleur de ses yeux. Quand on observe la couleur des yeux, on n'est pas en relation sociale avec autrui. La relation avec le visage peut certes être dominée par la perception, mais ce qui est spécifiquement visage, c'est ce qui ne s'y réduit pas. Il y a d'abord la droiture même du visage, son expression droite, sans défense. La peau du visage est celle qui reste la plus nue, la plus dénuée. La plus nue, bien que d'une nudité décente. La plus dénuée aussi: il y a dans le visage une pauvreté essentielle. La preuve en est qu'on essaie de masquer cette pauvreté en se donnant des poses, une contenance. Le visage est exposé, menacé, comme nous invitant à un acte de violence. En même temps le visage est ce qui nous interdit de tuer ». « Le visage est signification, et signification sans contexte. Je veux dire qu'autrui, dans la rectitude de son visage, n'est pas un personnage dans un contexte. D'ordinaire, on est un « personnage » : on st professeur à la Sorbonne, vice-président du conseil d'État, fils d'untel, tout ce qui est dans le passeport, la manière de se vêtir, de se présenter. Et toute signification, au sens habituel du terme, est relative à un tel contexte: le sens de quelque chose tient dans sa relation à autre chose. Ici, au contraire, le visage est sens à lui seul. Toi, c'est toi. En ce sens, on peut dire que le visage n'est pas « vu ». Il est ce qui ne peut devenir un contenu, que votre pensée embrasserait ; il est l'incontenable, il vous mène au-delà. C'est en cela que la signification du visage le fait sortir de l'être en tant que corrélatif d'un savoir. Au contraire, la vision est recherche d'une adéquation ; elle est ce qui par excellence absorbe l'être. Mais la relation au visage est d'emblée éthique. Le visage est ce qu'on ne peut tuer, ou du moins dont le sens consiste à dire : « tu ne tueras point ». Textes à écouter ici : Votre visage (Charles Trenet, 1947) http://www.charles-trenet.net/chansons/votrevisage.html Le masque de Guy de Maupassant (1889) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Masque_(Maupassant) 01’00 Ethique et infini (Emmanuel Lévinas, 1982) https://www.fayard.fr/sciences-humaines/ethique-et-infini-9782213010854 7’30 L’homme à la tête de Wolff (Léon Bloy, 1886) https://fr.wikisource.org/wiki/Le_D%C3%A9sesp%C3%A9r%C3%A9/Texte_entier 11’20 « L’acteur d’Harcourt » dans Mythologies (Roland Barthes, 1957) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mythologies_(recueil) 15’33 L’Exode (Benjamin Fondane, préface en prose, 1942) https://www.benjaminfondane.com/un_article_bulletin-Po%C3%A8mes-485-1-1-0-1.html 19’20 Histoire du visage de la morte (Yasunari Kawabata, 1925), Traduit par Lucien Dumont 24’55 La crucifixion du retable de Tauberbischofsheim (Joris-Karl Huysmans, Là-Bas, 1891) https://www.smaragdine.fr/2018/09/06/le-retable-de-tauberbischofsheim-description-de-la-crucifixion-par-huysmans/ 28’50
  • IFM podcast

    Prospective : l’avenir du visage et de la beauté

    48:10

    En 2020, le visage peut se définir comme une interface sensible aux nouvelles technologies. Capté par les caméras de surveillance, il est modélisé en 2D ou en 3D, augmenté, filtré, scanné, partagé… Ces changements bouleversent le visage dans la plupart de ses fonctions : support d’identification, d’individualisation, de communication… Le visage contemporain perd de sa profondeur et de sa capacité d’expression pour des émotions de plus en plus simples. Si je veux réagir à un post Facebook, on me propose quatre ou cinq émotions déjà déterminées : on refuse le gris, la subtilité de l’expression, au profit d’expressions de plus en plus « lisibles » : le smiley devient le standard universel des expressions du visage. Dans notre environnement numérique, le visage paraît pouvoir devenir (au même titre que l’ADN) une ressource matérielle (asset) comme une autre, modifiable et échangeable à l’envi. N’importe quel visage et n’importe quel corps peuvent être scannés pour fabriquer des vidéos criantes de vérité (deep fakes). La reconnaissance faciale se met au service de dispositifs de surveillance discutables, avec des algorithmes non dénués de biais de conception pouvant provoquer l’identification erronée des personnes. Dans la vie quotidienne, une confusion s’opère entre visage réel et visage numérique, ce dernier étant le support de fantasmes illimités, nourris de projections imaginaires appuyées par les filtres Instagram et autres outils de réalité augmentée. En chirurgie faciale, la demande augmente fortement pour les rhinoplasties et le remodelage des pommettes, avec la volonté d’obtenir un visage ressemblant le plus possible aux filtres Instagram (on parle de « dismorphophobie »). Mais beaucoup d’artistes et de designers mettent leur créativité au service de multiples détournements et réinventions passionnantes du visage. Des masques inventent de nouvelles fonctions : le visage pourrait devenir un support de capteurs sensibles, par exemple, au réchauffement climatique. Une conférence de Julien Tauvel, co-fondateur et dirigeant d’Imprudence, un collectif de design prospectif. Consulter la présentation visuelle : https://download.ifmparis.fr/document/JulienTauvel.pdf Festival IFM 2020 (thème : le visage). 27 juin 2020.
  • IFM podcast

    Le visage au cinéma : le cas d’Ingmar Bergman

    52:28

    Les visages de l’histoire du cinéma composent une mosaïque de souvenirs extrêmement importante pour chacun d’entre nous. On n’oublie jamais les visages des films d’Eisenstein ou de ceux de Charlie Chaplin. Parmi les cinéastes du XXe siècle, Ingmar Bergman est sans doute un cas exceptionnel de ce point de vue. Chez lui, le visage (féminin, surtout) est un support de narration et d’expression psychologique privilégié, en particulier dans quelques films comme Le Silence (1963), Persona (1966) et Cris et Chuchotements (1972), sans oublier Le Visage (1958). Avec des plans très serrés, jusque-là assez rares au cinéma, Bergman, fortement inspiré par Carl Theodor Dreyer (1889-1968) fait apparaître une palette d’émotions et de sensations très fortes. Chez Bergman, comme chez Picasso (Jeune Fille au Miroir, 1932) ou chez David Lynch (Mulholland Drive, 2001), le visage est lié à la notion du « double » : deux visages de femmes s’opposent, magnétiques, séducteurs, énigmatiques comme des masques. Souvent, deux visages semblent souhaiter n’en former qu’un. Car le visage est au cœur de la relation avec l’autre, même si cette relation se caractérise, comme dans les films de Bergman, par une incommunicabilité fondamentale. Le visage apparaît ici comme le centre des expressions renvoyant au rapport de force entre les personnes. Une tension que Bergman, génie du voyeurisme et de la cruauté, a su comme nul autre illustrer dans ses films. Consulter les images de la présentation en ligne : https://download.ifmparis.fr/document/LeonardoMarcos.pdf Une conférence de Leonardo Marcos, artiste : fr.wikipedia.org/wiki/Leonardo_Marcos Festival IFM 2020 (thème : le visage). 27 juin 2020
  • IFM podcast

    Comment le visage est apparu dans l’art préhistorique

    53:27

    Les restes de crânes humains sont l’un des éléments essentiels de l’archéologie préhistorique. On reconstitue des sociétés à partir de fragments d’os et en particulier de mâchoires. Mais on ignore tout ou presque du visage préhistorique, car les « tissus mous » (cartilages et muscles) ont disparu depuis longtemps. Face à un reste de crâne ancien, la recherche révèle à la fois sa curiosité sans limite mais aussi ses doutes, ses projections imaginaires, ses analogies hésitantes, sa tentation du comparatisme… « L’homme préhistorique ne nous a laissé que des messages tronqués » (André Leroi-Gourhan). Quel rapport entre le crâne de Toumaï (7 millions d’années avant Jésus-Christ) et les premières traces archéologiques de l’art figuratif, très tardif à l’échelle de cette longue histoire (40 000 ans avant Jésus-Christ) ? Les représentations du corps humain dans l’art préhistorique sont surtout des représentations féminines (les « Vénus »), qui se caractérisent, bizarrement, par une absence de représentation de la tête et du visage. Cette énigme n’empêche pas d'analyser les manières successives dont nous nous sommes représenté la figure préhistorique depuis l’invention de la préhistoire (deuxième moitié du XIXe siècle) : le discours archéologique est une construction intellectuelle conditionnée par les circonstances historiques de sa production (idées, théories, concepts dominants, configuration générale du savoir ou « paradigme » d’une époque donnée). Une conférence de Pierre Allard, préhistorien (CNRS). Titulaire en 2003 d’un doctorat en Préhistoire de l’Université de Paris 1, spécialiste des systèmes techniques et économies lithiques de l’Europe de la fin du Mésolithique au Néolithique ancien (7e et 6e millénaire avant notre ère). Voir les images de la présentation en ligne : https://download.ifmparis.fr/document/PierreAllard1.pdf Festival IFM 2020 (thème : le visage). 27 juin 2020.
  • IFM podcast

    Le visage (in)visible

    43:16

    Evgen Bavcar, photographe, philosophe de l’image et artiste conceptuel slovène, « montre ce qu’il imagine ». Aveugle depuis l’âge de 11/12 ans, il creuse les territoires du paradoxe entre le visible et l’invisible, le réel et l’irréel. N’ayant plus de « miroir magique » lui permettant comme Persée de voir le réel sans en être aveuglé, il s’inspire du mythe de la méduse (Gorgone) pour évoquer l’ « insaisissable visage de l’autre », lui qui ne peut pas voir son propre visage. « Ma base est l’obscurité », dit-il en soulignant que « l’image, et en particulier celle du visage, n’est pas forcément visible, ni visuelle ». « Si tu veux voir l’infini, ferme les yeux » (Milan Kundera). Le Voyeur absolu (Seuil, 1992), est le titre d’un de ses livres, un intitulé qui résume bien l’approche du photographe, fondateur notamment du « laboratoire de l'Invisible » à l'Institut des études critiques de Mexico. La photo, chez lui, se veut un acte d’amour au sens de Lacan : « aimer, c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas ». « Mes photos existent à travers votre regard », dit-il en expliquant que son travail consister à « poster des images sur le mur qui le sépare du réel ». Présentation en ligne : https://download.ifmparis.fr/document/EvgenBavcarIFM2020.pdf Une conférence d'Evgen Bavcar, photographe et philosophe, en dialogue avec Monzerrat Girgis (IFM/Management 2004). Festival IFM 2020 (thème : le visage).
  • IFM podcast

    Une approche socio-philosophique du visage

    51:16

    Dans toute pensée critique du numérique, la question du visage se pose de manière centrale. Dans un monde de reconnaissance faciale, le visage est numérisé et donc « réifié » pour permettre divers modes d’identification qui font peser le risque d’une surveillance généralisée. Associées à des caméras de surveillance, les bases de données qui permettent à l’intelligence artificielle de procéder à l’authentification et à l’identification des personnes posent de très sérieux problèmes de libertés publiques. La notion de « smart city » est souvent confondue avec celle de « safe city », avec une privatisation préoccupante de fonctions régaliennes à commencer par celle de la police. Les usages commerciaux de la reconnaissance faciale (déverrouillage d’appareils électro-ménagers, paiement sur mobile, usages marketing…) produisent une accoutumance aux technologies intrusives, alors que ces questions mériteraient un débat démocratique beaucoup plus large. Or le visage a une signification transcendante : « la manière dont se présente l’autre (…), nous l’appelons visage » (Emmanuel Lévinas). Il est un « au-delà » de l’être, une expression de l’altérité radicale mais aussi de notre condition temporelle et de notre expérience vécue. Pour valoriser la part sensible des visages en dehors de la société des écrans, l’art et la littérature ont un rôle-clé. Il s’agit de ne pas subir l’ « empire du signal » (Pierre-Antoine Chardel) et de retrouver un « face à face » irremplaçable. Le visage, c’est « ce qui déborde » et qui n’est ni codifiable ni catégorisable, ni numérisable. Une conférence de Pierre-Antoine Chardel, philosophe et sociologue, Institut Mines-Télécom Business School, et Asma Mhalla, spécialiste de l’économie numérique, maître de conférences à Sciences Po (Paris). Festival IFM 2020 (thématique : le visage). 26 juin 2020

Découvrez le meilleur des podcasts sur l'application GetPodcast.

Abonnez-vous à tous vos podcasts préférés, écoutez les épisodes sans connexion internet et recevez des recommandations de podcasts passionnants.

iOS buttonAndroid button