
Voici pourquoi Airbus retire 900 applications majeures des clouds américains pour choisir le français Scaleway
Airbus passe à la vitesse supérieure et pousse la manette des gaz sur sa souveraineté numérique.
Le géant européen de l'aéronautique engage le rapatriement de 900 applications stratégiques hors des clouds américains pour les confier au fournisseur de cloud français Scaleway.
Une décision historique qui prouve que la protection des données industrielles est devenue un impératif de compétition et de sécurité pour les grands groupes.
Un risque géopolitique inacceptable
Concrètement, ce virage montre que la souveraineté numérique n'est plus seulement une posture politique ou de la théorie. Il s'agit désormais d'une stratégie concrète de gestion des risques.
Pour Airbus, stocker ses progiciels de gestion ERP, ses CRM ou ses outils de fabrication sur des plateformes américaines comme AWS comportait un risque géopolitique désormais jugé inacceptable.
Les joyaux de la couronne industrielle du constructeur européen doivent donc impérativement repasser sous juridiction européenne. Et c'est un signal d'alarme pour l'ensemble du marché de l'informatique professionnelle. Les hyperscalers d'outre-Atlantique ne sont plus perçus comme des havres de sécurité incontournables.
Des données métiers qui voyagent fort loin
Mais attention, et c'est le second point, le chemin vers la souveraineté se heurte encore à des verrous majeurs.
Si rapatrier des applications propriétaires est techniquement réalisable, sécuriser la chaîne d'approvisionnement globale est une toute autre histoire. Airbus s'appuie en effet sur 18 000 fournisseurs à travers le monde, et la quasi-totalité d'entre eux utilise quotidiennement les solutions Microsoft ou Google.
Même avec un portail d'échange hébergé en Europe, des données métiers finissent donc invariablement par circuler sur ces infrastructures américaines. Surtout qu'il n'existe pas aujourd'hui d'alternative européenne capable de répondre à un grand appel d'offres pour remplacer ces suites bureautiques. La dépendance à certains outils reste donc entière.
La structuration d'un marché de confiance
Enfin, face à cette réalité Airbus adopte une posture très pragmatique sur l'intelligence artificielle.
L'avionneur refuse par exemple de se soumettre aux modèles d'IA des géants américains. Sa stratégie d'IA vise des usages industriels très ciblés comme le support à la décision, la recherche d'informations et l'automatisation, toutes déployables directement sur site.
En lançant des appels d'offres, Airbus commence surtout à structurer un marché de confiance. La création d'un environnement logiciel et progiciel européen de grande envergure dépendra maintenant de la volonté des décideurs de s'unir pour faire émerger ces solutions d'avenir.
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