
37. [Témoignage] - Stéphanie (agreg interne de lettres modernes)
Points clés
- Stéphanie Lokoli est professeure de français en collège, formatrice académique dans l'académie de Grenoble, et ancienne sportive de haut niveau (lancer de marteau en équipe de France jeune).
- Il s'agissait de son quatrième passage à l'agrégation de lettres ; elle a été admissible en 2025-2026 mais n'a pas obtenu l'admission finale.
- Le coaching de Marie a porté principalement sur la planification, la hiérarchisation des tâches et l'optimisation du travail, comblant ainsi une lacune malgré une grande capacité de travail préexistante.
- Le parallèle entre le sport de haut niveau et la préparation à l'agrégation est central : discipline, stratégie, phases de repos, réflexivité après les échecs.
- Un blackout lors d'une composition sur Coltès en 2025 a conduit Stéphanie à revoir entièrement sa gestion de la mémoire, en commençant l'apprentissage dès juillet-août.
- La nomination au grade de Chevalier de l'Ordre National du Mérite a constitué un tournant psychologique majeur, l'amenant à penser en termes de cheminement plutôt que de résultat.
- Ses mantras : « Si tu as de la discipline, plus rien ne t'arrêtera » (David Goggins) et « La réussite est inévitable ».
- Après les oraux, elle a transformé son travail sur l'œuvre Quelque chose noir de Jacques Roubaud en projet pédagogique inclusif avec l'Institut National des Jeunes Sourds, destiné à être publié en septembre.
- Elle encourage les agrégatifs enseignant en collège à se décomplexer : enseigner au collège n'est pas un obstacle à la préparation de l'agrégation, notamment pour l'épreuve de didactique.
- Mot de la fin : « Ne limitez pas vos défis, défiez vos limites. »
Résumé des questions et réponses
Présentation et parcours
Marie : Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours à l'agrégation ?
Stéphanie Lokoli : Elle est professeure de français en collège, enseigne la prise de parole en public et l'éloquence auprès de collégiens, jeunes adultes et doctorants, et est formatrice académique dans l'académie de Grenoble. Elle a passé l'agrégation quatre fois : en 2018-2019, 2019-2020, puis après une pause de quatre ans consacrée à la formation, à l'écriture de deux mémoires sur l'oralité et à la validation de son CAFA, elle s'est réinscrite en 2024-2025 et 2025-2026. Elle a été admissible lors de ce dernier passage.
Motivations pour faire appel au coaching
Marie : Pourquoi as-tu fait appel à un coaching alors que tu avais déjà un mental solide forgé par le sport de haut niveau ?
Stéphanie Lokoli : Malgré un mental fort, elle avait besoin d'aide pour planifier son travail et hiérarchiser ses tâches. Sa capacité de travail était importante (jusqu'à 14 heures par jour), mais elle n'était pas optimisée. Le coaching lui a appris à travailler moins mais mieux, en ciblant les tâches à fort impact aux moments où elle était le plus disponible mentalement.
Changements concrets dans l'organisation du travail
Marie : Qu'est-ce qui a concrètement changé dans ton planning entre ta préparation sans coaching et celle avec coaching ?
Stéphanie Lokoli : Elle a appris à identifier ses moments de disponibilité mentale optimale (le matin) pour y placer les tâches complexes. Elle a réduit son volume de travail quotidien à six-neuf heures tout en augmentant l'efficacité. Elle a également décéléré dans les deux dernières semaines avant les écrits, travaillant seulement une heure et demie par jour, car le gros du travail avait été fait en amont. Elle a aussi pris soin de sa mémoire en intégrant des phases de repos.
Gestion du blackout et de la peur
Marie : Tu avais peur que le blackout se reproduise. Comment as-tu fait pour surmonter cette peur ?
Stéphanie Lokoli : Elle a adopté des mantras, notamment « Si tu as de la discipline, plus rien ne t'arrêtera », tiré du livre Ne cède jamais de David Goggins. Elle a commencé à mémoriser des citations et des éléments des œuvres dès juillet-août, traitant la mémoire comme un muscle à entraîner sur le long terme. Les petites réussites accumulées (comme obtenir 18/20 sur une composition sur Jacques Roubaud) ont progressivement dissipé cette peur.
Conseils aux candidats qui n'osent pas rendre des devoirs
Marie : Que dirais-tu aux agrégatifs qui n'osent pas rendre des copies par peur de la mauvaise note ou de décevoir leur correcteur ?
Stéphanie Lokoli : Il faut oser, car on n'est jamais aussi mauvais juge de soi-même. Elle rappelle que chaque erreur est une information : une erreur, une information ; deux erreurs, deux informations. Elle conseille de tenir un carnet d'analyse de ses copies (points faibles, points forts, pistes d'amélioration) et de faire un retour réflexif à froid, en se relisant et en lisant les copies de collègues ayant traité le même sujet.
Vécu des oraux et analyse de l'échec à l'admission
Marie : Comment as-tu vécu les oraux et qu'est-ce qui, selon toi, t'a empêchée d'obtenir l'admission ?
Stéphanie Lokoli : Elle a vécu les oraux comme une compétition sportive, arrivant avec ses oreillettes et son sac, dans un état d'esprit de « guerrière ». Elle a cru en ses chances jusqu'au bout. Avec le recul, elle estime avoir manqué d'équilibre : si sa connaissance des œuvres était très solide, sa base écrite n'était pas assez simple ni assez didactique. Elle est partie dans une spécialisation excessive au lieu de construire un propos clair et accessible, ce qui l'a desservie.
Ce que la préparation lui a apporté durablement
Marie : Qu'est-ce que tu as retiré de cette préparation, au-delà du résultat du concours ?
Stéphanie Lokoli : Elle utilise encore aujourd'hui les outils de planification et de hiérarchisation acquis pendant le coaching. Son exigence intellectuelle s'est renforcée, ce qui lui a permis de faire accepter des propositions d'articles dans des revues littéraires. Elle applique désormais le principe de simplicité et de clarté du propos qu'elle n'avait pas su mettre en œuvre aux oraux.
Projet pédagogique issu de la préparation
Marie : Qu'as-tu fait après les résultats, et comment as-tu transformé ton expérience en projet ?
Stéphanie Lokoli : Elle a décidé de transformer les savoirs universitaires acquis sur Quelque chose noir de Jacques Roubaud en savoirs didactiques, en montant un projet pédagogique inclusif avec sa collègue AESH et en collaboration avec l'Institut National des Jeunes Sourds. Elle a rédigé quatre versions du document (parents d'élèves, ministère, rectorat/IPR, version disciplinaire) et les a transmises aux différents acteurs de la communauté éducative. La publication est prévue pour septembre.
Enseigner au collège et préparer l'agrégation : incompatibilité ?
Marie : Que penses-tu du sentiment d'incompatibilité ressenti par certains agrégatifs qui enseignent au collège ?
Stéphanie Lokoli : Elle rejette fermement cette idée. Enseigner au collège n'est pas un obstacle : cela peut même constituer une plus-value, notamment pour l'épreuve de didactique, où la créativité et l'audace pédagogiques propres au collège peuvent enrichir les copies. Elle encourage tous les agrégatifs à se décomplexer, à noter leurs réussites intermédiaires, à s'entraîner régulièrement et à faire des retours réflexifs sur leurs copies.
Encore plus de ressources sur mon site www.mariemotard.com
Pour prendre RDV pour une séance d'essai: https://calendly.com/mariemotard/rdv-bilan
Contact: [email protected]
Weitere Episoden von „Coaché.e pour l'agrégation“



Verpasse keine Episode von “Coaché.e pour l'agrégation” und abonniere ihn in der kostenlosen GetPodcast App.








