
À la Une : la guerre en Iran, une opportunité pour le pétrole africain
Avec la guerre en Iran, les producteurs d’or noir du continent sont sur le devant de la scène… C’est du moins ce que constate Afrik.com.
« Si l’escalade guerrière actuelle menace l’équilibre énergétique mondial, elle représente paradoxalement une opportunité majeure pour les pays africains producteurs de pétrole : Nigéria, Algérie, Libye, Angola, Congo, Gabon, Guinée équatoriale notamment. Le continent, qui produit collectivement plus de 8 millions de barils par jour, est en position de tirer un bénéfice considérable de cette redistribution forcée des flux énergétiques planétaires. »
Et Afrik.com de rappeler que « le continent africain compte sept des treize membres de l’OPEP et dispose de réserves prouvées de 125 milliards de barils, soit 7,5 % du total mondial. Surtout, la qualité du brut africain correspond précisément aux besoins des acheteurs habituels de pétrole iranien. Par le passé, lors des précédents régimes de sanctions contre l’Iran, c’est vers le Nigéria, l’Angola et l’Irak que les importateurs se sont massivement tournés. (…) L’Union européenne, qui avait remplacé le brut iranien par des importations nigérianes lors de l’embargo de 2012, pourrait emprunter le même chemin. L’Afrique du Sud avait fait de même en se tournant vers le Nigéria, l’Angola et l’Arabie saoudite. »
L’exemple de l’Algérie
De plus, souligne encore Afrik.com, « l’avantage pour l’Afrique pétrolière est double. Premièrement, la hausse mécanique des cours augmente la valeur de chaque baril exporté. Deuxièmement, la récente décision de l’OPEP d’augmenter les quotas de production de 206 000 barils par jour dès avril ouvre explicitement la porte à une hausse des volumes africains. L’Algérie, membre du groupe des huit pays concernés par cet ajustement, en est directement bénéficiaire. »
Le site Observ’Algérie confirme : « Le prix actuel du pétrole dépasse le seuil de 60 dollars par baril fixé dans la loi de finances algérienne pour 2026, ce qui représente un soutien direct aux recettes pétrolières. Avec un Brent à 80 dollars, la différence avec le prix de référence pourrait donc atteindre 20 dollars par baril, générant des revenus supplémentaires significatifs pour l’État algérien. »
Soupe à la grimace pour le consommateur…
Alors si les producteurs africains d’or noir pourraient tirer leur épingle du jeu, le consommateur de base, lui, risque de subir la hausse du prix du carburant. D’après Jeune Afrique, « si la situation persiste, la fermeture du détroit d’Ormuz sera une catastrophe pour l’économie mondiale et les répercussions sur la distribution de carburant en Afrique seront importantes. Massivement importateurs de produits pétroliers raffinés, les pays africains s’exposent comme ailleurs à la flambée des prix et la menace de pénurie. »
Exemple au Sénégal : le Sénégal, relève Dakar Actu, qui « importe la quasi-totalité du pétrole raffiné qu’il consomme. La pêche artisanale, l’agriculture, le transport, l’électricité, tout dépend du carburant importé. Une hausse brutale des prix à la pompe se traduirait immédiatement par une hausse du coût de la vie, des délestages électriques intensifiés et un appauvrissement rapide de pans entiers de la population. »
Certes, poursuit Dakar Actu, « le Sénégal est en train de basculer dans le camp des producteurs d’hydrocarbures. Le champ pétrolier de Sangomar a démarré sa production. Mais cette manne ne protégera pas le pays à court terme. Le Sénégal n’a pas encore la capacité de raffiner son propre brut ni de réorienter sa production de gaz vers sa consommation domestique. »
Injustice…
Interrogé par Walf Quotidien à Dakar, l’économiste Mor Gassama confirme : « Si le prix du pétrole flambe, cela va se répercuter sur ceux des denrées et de tous les produits dérivés aussi bien pour le Sénégal que le monde entier. Plus le conflit dure, poursuit-il, plus il y a la menace d’une inflation généralisée. »
Alors que faire ? « Le Sénégal doit se préparer à toutes les éventualités, avoir un stock de sécurité », affirme encore Mor Gassama. Et surtout, « utiliser le pétrole que l’on produit sur nos côtes » et, pour ce faire, « permettre à la SAR, la Société africaine de raffinage, de le raffiner en masse. »
Et on revient à Dakar Actu qui conclut ainsi : « l’Afrique, otage silencieuse d’une guerre qui n’est pas la sienne… Il y a quelque chose de profondément injuste dans ce qui se joue. L’Afrique n’est en rien responsable du conflit qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran. Et pourtant, ses populations pourraient en payer un prix exorbitant. »
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