Poésie en musique podcast

Poésie en musique

Poème en musique

Des délices de la littérature mit en musique! Qui a décidé que les grands chefs-d'oeuvre de la poésie était condamnés à rester dans les vieux placards?! Nous, on vous invite à découvrir ces chefs d'oeuvres oubliés avec un accompagnement musical pour mieux vous plonger dans ces univers perdus...

16 épisodes

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    À un passant de Verlaine - Poème en musique

    1:54

    Titre : À un passant Poète : Paul Verlaine (1844-1896) Recueil : Dédicaces (1890). Paul Verlaine.Mon cher enfant que j'ai vu dans ma vie errante, Mon cher enfant, que, mon Dieu, tu me recueillis, Moi-même pauvre ainsi que toi, purs comme lys, Mon cher enfant que j'ai vu dans ma vie errante ! Et beau comme notre âme pure et transparente, Mon cher enfant, grande vertu de moi, la rente, De mon effort de charité, nous, fleurs de lys ! On te dit mort... Mort ou vivant, sois ma mémoire ! Et qu'on ne hurle donc plus que c'est de la gloire Que je m'occupe, fou qu'il fallut et qu'il faut... Petit ! mort ou vivant, qui fis vibrer mes fibres, Quoi qu'en aient dit et dit tels imbéciles noirs Compagnon qui ressuscitas les saints espoirs, Va donc, vivant ou mort, dans les espaces libres ! Voix: Fadma EZ-ZALYMY Musique : Hicham CHAHIDI
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    Soleils couchants de Verlaine - Poème en musique

    1:17

    Paul VERLAINE 1844 - 1896 Soleils couchants "Une aube affaiblie Verse par les champs La mélancolie Des soleils couchants. La mélancolie Berce de doux chants Mon coeur qui s'oublie Aux soleils couchants. Et d'étranges rêves, Comme des soleils Couchants, sur les grèves, Fantômes vermeils, Défilent sans trêves, Défilent, pareils A de grands soleils Couchants sur les grèves." Voix : Fadma EZ-ZALYMY Musique: Hicham CHAHIDI
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    Mon rêve familier de Verlaine- Poème en musique

    1:50

    "Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend. Car elle me comprend, et mon coeur, transparent Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême, Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant. Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore. Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore Comme ceux des aimés que la Vie exila. Son regard est pareil au regard des statues, Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a L'inflexion des voix chères qui se sont tues." Voix : Fadma ez-zalymy Musique : Ikson
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    Le serpent qui danse de Baudelaire - Poème en musique

    2:46

    Musique : Wonderland Voix : Fadma EZ-ZALYMY "Que j'aime voir, chère indolente,             De ton corps si beau, Comme une étoffe vacillante,             Miroiter la peau ! Sur ta chevelure profonde             Aux âcres parfums, Mer odorante et vagabonde             Aux flots bleus et bruns, Comme un navire qui s'éveille             Au vent du matin, Mon âme rêveuse appareille             Pour un ciel lointain. Tes yeux où rien ne se révèle             De doux ni d'amer, Sont deux bijoux froids où se mêlent             L’or avec le fer. A te voir marcher en cadence,             Belle d'abandon, On dirait un serpent qui danse             Au bout d'un bâton. Sous le fardeau de ta paresse             Ta tête d'enfant Se balance avec la mollesse             D’un jeune éléphant, Et ton corps se penche et s'allonge             Comme un fin vaisseau Qui roule bord sur bord et plonge             Ses vergues dans l'eau. Comme un flot grossi par la fonte             Des glaciers grondants, Quand l'eau de ta bouche remonte             Au bord de tes dents, Je crois boire un vin de bohême,             Amer et vainqueur, Un ciel liquide qui parsème             D’étoiles mon cœur ! Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal"
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    Je lisais. Que lisais-je ? de Victor Hugo - Poème en musique

    4:38

    Voix: Fadma EZ-ZALYMY Musique : NOWE  "Je lisais. Que lisais-je ? Oh ! le vieux livre austère, Le poëme éternel ! — La Bible ? — Non, la terre. Platon, tous les matins, quand revit le ciel bleu, Lisait les vers d’Homère, et moi les fleurs de Dieu. J’épelle les buissons, les brins d’herbe, les sources ; Et je n’ai pas besoin d’emporter dans mes courses Mon livre sous mon bras, car je l’ai sous mes pieds. Je m’en vais devant moi dans les lieux non frayés, Et j’étudie à fond le texte, et je me penche, Cherchant à déchiffrer la corolle et la branche. Donc, courbé, — c’est ainsi qu’en marchant je traduis La lumière en idée, en syllabes les bruits, — J’étais en train de lire un champ, page fleurie. Je fus interrompu dans cette rêverie ; Un doux martinet noir avec un ventre blanc Me parlait ; il disait : — Ô pauvre homme, tremblant Entre le doute morne et la foi qui délivre, Je t’approuve, il est bon de lire dans ce livre. Lis toujours, lis sans cesse, ô penseur agité, Et que les champs profonds t’emplissent de clarté ! Il est sain de toujours feuilleter la nature, Car c’est la grande lettre et la grande écriture ; Car la terre, cantique où nous nous abîmons, A pour versets les bois et pour strophes les monts ! Lis. Il n’est rien dans tout ce que peut sonder l’homme Qui, bien questionné par l’âme, ne se nomme. Médite. Tout est plein de jour, même la nuit ; Et tout ce qui travaille, éclaire, aime ou détruit, A des rayons : la roue au dur moyeu, l’étoile, La fleur, et l’araignée au centre de sa toile. Rends-toi compte de Dieu. Comprendre, c’est aimer. Les plaines où le ciel aide l’herbe à germer, L’eau, les prés, sont autant de phrases où le sage Voit serpenter des sens qu’il saisit au passage. Marche au vrai. Le réel, c’est le juste, vois-tu ; Et voir la vérité, c’est trouver la vertu. Bien lire l’univers, c’est bien lire la vie. Le monde est l’œuvre où rien ne ment et ne dévie, Et dont les mots sacrés répandent de l’encens. L’homme injuste est celui qui fait des contre-sens. Oui, la création tout entière, les choses, Les êtres, les rapports, les éléments, les causes, Rameaux dont le ciel clair perce le réseau noir, L’arabesque des bois sur les cuivres du soir, La bête, le rocher, l’épi d’or, l’aile peinte, Tout cet ensemble obscur, végétation sainte, Compose en se croisant ce chiffre énorme : DIEU. L’éternel est écrit dans ce qui dure peu ; Toute l’immensité, sombre, bleue, étoilée, Traverse l’humble fleur, du penseur contemplée ; On voit les champs, mais c’est de Dieu qu’on s’éblouit. Le lys que tu comprends en toi s’épanouit ; Les roses que tu lis s’ajoutent à ton âme. Les fleurs chastes, d’où sort une invisible flamme, Sont les conseils que Dieu sème sur le chemin ; C’est l’âme qui les doit cueillir, et non la main. Ainsi tu fais ; aussi l’aube est sur ton front sombre, Aussi tu deviens bon, juste et sage ; et dans l’ombre Tu reprends la candeur sublime du berceau. — Je répondis : — Hélas ! tu te trompes, oiseau. Ma chair, faite de cendre, à chaque instant succombe ; Mon âme ne sera blanche que dans la tombe ; Car l’homme, quoi qu’il fasse, est aveugle ou méchant. — Et je continuai la lecture du champ." Juillet 1843
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    Un jour, je serai ce que je veux. - Mahmoud DARWICH - poème en musique

    2:01

    Voix : Fadma EZ-ZALYMY Musique : Scott BUCKLEY "Un jour je serai ce que je veux. Un jour je serai une idée qu’aucun glaive ne porte A la terre désolée, aucun livre … Une idée pareille à la pluie sur une montagne Fendue par la pousse d’un brin d’herbe. Et la force n’aura pas gagné, Ni la justice fugitive. Un jour je serai ce que je veux. Un jour je serai oiseau et, de mon néant, Je puiserai mon existence. Chaque fois que mes ailes se consument, Je me rapproche de la vérité et je renais des cendres. Je suis le dialogue des rêveurs. J’ai renoncé à mon corps et à mon âme Pour accomplir mon premier voyage au sens, Mais il me consuma et disparut. Je suis l’absence. Je suis le céleste Pourchassé. Un jour je serai ce que je veux. Un jour je serais poète Et l’eau se soumettra à ma clairvoyance. Métaphore de la métaphore que ma langue Car je ne dis ni n’indique Un lieu. Et le lieu est mon péché et mon alibi. Je suis de là-bas. Mon ici bondit de mes pas vers mon imagination … Je suis qui je fus, qui je serai Et l’espace infini me façonne, puis me tue." Mahmoud DARWICH
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    Elle le soir... Mahmoud Darwich- poéme en musique

    2:11

    Elle est seule, le soir et moi, comme elle, je suis seul... Entre moi et ses chandelles dans le restaurant hivernal, deux tables vides. [Rien ne trouble notre silence] Elle ne me voit pas quand je la vois cueillir une rose à sa poitrine. Je ne la vois pas quand elle me voit siroter un baiser de mon vin... Elle n’émiette pas son morceau de pain, et moi, je ne renverse pas l’eau sur la nappe en papier. [Rien ne ternit notre sérénité] Elle est seule et je suis seul devant sa beauté. Je me dis : Pourquoi cette fragilité ne nous unit-elle pas ? Pourquoi ne puis-je goûter son vin ? Elle ne me voit pas quand je la vois décroiser les jambes... Et je ne la vois pas quand elle me voit ôter mon manteau... Rien ne la dérange en ma compagnie, rien ne me dérange, nous sommes à présent unis dans l’oubli... Notre dîner, chacun seul, fut appétissant, la voix de la nuit était bleue. Je n’étais pas seul, elle n’était pas seule. Ensemble nous écoutions le cristal. [Rien ne brise notre nuit] Elle ne dit pas : L’amour naît vivant Et finit en idée. Moi non plus, je ne dis pas : L’amour a fini en idée. Mais il en a tout l’air... (Mahmoud Darwich)
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    Au Lecteur de Baudelaire - Poème en musique

    3:19

    Voix: Fadma EZ-ZALYMY Musique : Stellardrone "La sottise, l'erreur, le péché, la lésine, Occupent nos esprits et travaillent nos corps, Et nous alimentons nos aimables remords, Comme les mendiants nourrissent leur vermine. Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ; Nous nous faisons payer grassement nos aveux, Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux, Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches. Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste Qui berce longuement notre esprit enchanté, Et le riche métal de notre volonté Est tout vaporisé par ce savant chimiste. C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent ! Aux objets répugnants nous trouvons des appas ; Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas, Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent. Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange Le sein martyrisé d'une antique catin, Nous volons au passage un plaisir clandestin Que nous pressons bien fort comme une vieille orange. Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes, Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons, Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes. Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie, N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins Le canevas banal de nos piteux destins, C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie. Mais parmi les chacals, les panthères, les lices, Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents, Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants, Dans la ménagerie infâme de nos vices, II en est un plus laid, plus méchant, plus immonde ! Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris, Il ferait volontiers de la terre un débris Et dans un bâillement avalerait le monde ; C'est l'Ennui ! L'œil chargé d'un pleur involontaire, II rêve d'échafauds en fumant son houka. Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat, - Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère ! Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal"
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    Sauve-toi de lui...de Maupassant-Poème en musique

    1:06

    Voix: Fadma EZ-ZALYMY Musique: KAI ENGEL "Sauve-toi de lui s’il aboie; Ami, prends garde au chien qui mord Ami prends garde à l’eau qui noie Sois prudent, reste sur le bord. Prends garde au vin d’où sort l’ivresse On souffre trop le lendemain. Prends surtout garde à la caresse Des filles qu’on trouve en chemin. Pourtant ici tout ce que j’aime Et que je fais avec ardeur Le croirais-tu? C’est cela même Dont je veux garder ta candeur."
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    Paysage de Baudelaire- Poème en musique

    2:31

    "Je veux, pour composer chastement mes églogues, Coucher auprès du ciel, comme les astrologues, Et, voisin des clochers, écouter en rêvant Leurs hymnes solennels emportés par le vent. Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde, Je verrai l'atelier qui chante et qui bavarde ; Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité, Et les grands ciels qui font rêver d'éternité. Il est doux, à travers les brumes, de voir naître L'étoile dans l'azur, la lampe à la fenêtre, Les fleuves de charbon monter au firmament Et la lune verser son pâle enchantement. Je verrai les printemps, les étés, les automnes ; Et quand viendra l'hiver aux neiges monotones, Je fermerai partout portières et volets Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais. Alors je rêverai des horizons bleuâtres, Des jardins, des jets d'eau pleurant dans les albâtres, Des baisers, des oiseaux chantant soir et matin, Et tout ce que l'Idylle a de plus enfantin. L'Émeute, tempêtant vainement à ma vitre, Ne fera pas lever mon front de mon pupitre ; Car je serai plongé dans cette volupté D'évoquer le Printemps avec ma volonté, De tirer un soleil de mon coeur, et de faire De mes pensers brûlants une tiède atmosphère." Voix: Fadma EZ-ZALYMY Musique : Hicham CHAHIDI

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